Exode de civils dans le sud de la Syrie

Les forces du régime, soutenues par des frappes russes depuis samedi, ont visé au cours des 48 dernières heures des quartiers de la ville de Deraa, chef-lieu de la province éponyme.
Photo: Mohamad Abazeed Agence France-Presse Les forces du régime, soutenues par des frappes russes depuis samedi, ont visé au cours des 48 dernières heures des quartiers de la ville de Deraa, chef-lieu de la province éponyme.

L’armée syrienne a lancé mardi une offensive contre les rebelles dans la ville de Deraa après une semaine de bombardements meurtriers sur des régions proches dans le sud du pays en guerre, qui ont provoqué un exode.

Après avoir repris en avril le dernier bastion rebelle près de Damas et chassé les djihadistes de la capitale, le régime de Bachar al-Assad, fort du soutien de l’allié russe, est déterminé à reprendre les zones rebelles du sud, une région bordant la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie occupé par Israël.

Depuis une semaine, les combats et les frappes se sont concentrés dans l’est de la province de Deraa, dont la ville éponyme est le chef-lieu, poussant quelque 45 000 civils à prendre la fuite, selon l’ONU.

Les violences ont rapidement atteint la ville même de Deraa, divisée entre un secteur gouvernemental et des quartiers tenus par les rebelles.

Des colonnes de fumée se sont élevées au-dessus de plusieurs quartiers, cible d’intenses raids aériens et de tirs d’artillerie, selon un correspondant de l’AFP présent aux abords de la ville.

« L’armée syrienne mène des frappes ciblées contre les repaires et fortifications des terroristes dans Deraa », a rapporté la télévision étatique.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état de frappes menées par les aviations syrienne et russe contre « les quartiers rebelles », qui sont aussi selon l’ONG la cible de barils d’explosifs largués par des hélicoptères du régime.

Première opération terrestre

Des combats au sol opposent les belligérants dans le sud-est de la ville, selon l’OSDH qui a confirmé une « première opération militaire terrestre du régime dans la ville de Deraa ».

« Le régime cherche à prendre le contrôle d’une base militaire dans le sud de la ville, qui permet de couper la route entre Deraa et la frontière jordanienne, mais aussi morceler davantage les territoires rebelles », a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH. Les combats se poursuivent autour de cette base.

Le pouvoir a souvent eu recours à cette stratégie contre des bastions rebelles, cherchant à les isoler pour les affaiblir et empêcher l’arrivée des renforts.

Avant l’aube, les pro-régime ont conquis deux localités, une avancée qui leur a permis de couper en deux les secteurs rebelles dans l’est de la province.

750 000
C'est le nombre de civils qui sont menacés par les opérations du régime dans les zones rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU.

Toujours dans l’est de la province, les forces loyalistes ont progressé jusqu’aux abords de la ville de Hirak, cible de dizaines de raids et barils d’explosifs ayant provoqué « des destructions inégalables », a dit Khalil al-Hariri, un habitant.

Les groupes rebelles contrôlent 70 % de la province de Deraa et celle voisine de Qouneitra, tandis que le régime domine la région de Soueida, la troisième de ces régions qui composent le Sud syrien.

Mais le régime, qui enchaîne les victoires et contrôle désormais 65 % du territoire grâce au soutien indéfectible de son allié russe, est déterminé à reprendre l’ensemble du pays.

L’ONU a averti que 750 000 civils vivant dans les zones rebelles du Sud syrien étaient menacés par les opérations du régime et annoncé que des aides seraient envoyées à Deraa une fois que le feu vert des autorités syriennes aura été donné.