Yémen: l’insurection à Hodeida fragilisée

Un combattant des forces progouvernementales yéménites se tient sur une route dans le secteur de l'aéroport de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, le 18 juin dernier. 
Photo: Nabil Hassan Agence france-Presse Un combattant des forces progouvernementales yéménites se tient sur une route dans le secteur de l'aéroport de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, le 18 juin dernier. 

Monticules de sable, va-et-vient de véhicules militaires, habitants vivant dans l’angoisse : la ville portuaire de Hodeida tenue par les rebelles, dans l’ouest du Yémen, attend dans la fébrilité un assaut des forces progouvernementales.

Ahmed vit dans le sud de Hodeida, dans un quartier voisin de l’aéroport où ont pénétré mardi les forces progouvernementales sur fond d’intenses combats avec les rebelles houthis.

Jusque-là, le jeune Yéménite avait résisté à l’idée de fuir, il croyait qu’une solution politique pouvait encore être trouvée pour épargner sa ville. Mais ses espoirs ont été douchés mardi par l’intensification des affrontements dans le secteur de l’aéroport.

« L’écho des violents combats résonne depuis ce matin. Des familles qui voulaient fuir n’ont pas été en mesure de partir à cause de ça », a-t-il raconté à l’AFP par téléphone.

Ahmed a passé les derniers jours derrière sa fenêtre à guetter l’avancée des combats. Lorsque les oiseaux perchés sur son toit s’envolaient soudainement, il savait qu’un obus était tombé pas très loin.

À la faveur d’une offensive lancée le 13 juin, les forces progouvernementales yéménites, soutenues par une coalition emmenée par l’Arabie saoudite qui les appuie depuis 2015, tentent de déloger les rebelles de Hodeida, une ville aux mains des insurgés depuis 2014.

Pire crise du monde

Depuis, les forces loyalistes ont rapidement progressé le long de la côte vers l’aéroport, situé à la limite sud de Hodeida, même si les rebelles opposent une farouche résistance.

Après plusieurs jours de combats sporadiques, les affrontements ont gagné en intensité mardi quand les forces loyalistes ont lancé l’assaut sur l’aéroport.

Il s’agit des combats les plus violents depuis le début de l’offensive, assure Ahmed.

Hodeida, située sur la mer Rouge et qui compte quelque 600 000 habitants, est la principale porte d’entrée pour les importations et l’aide humanitaire destinée à une population éprouvée par plus de trois années de guerre. L’offensive des forces progouvernementales fait craindre une interruption de la livraison des aides, alors que l’ONU estime déjà que le pays connaît « la pire crise humanitaire du monde ».

Trêve refusée

Comme Ahmed, d’autres habitants de Hodeida avaient l’espoir qu’un règlement politique serait trouvé in extremis à l’occasion de la visite ce week-end de l’émissaire des Nations unies, Martin Griffiths, dans la capitale Sanaa, également tenue par la rébellion.

Mais le responsable onusien est reparti mardi sans faire de déclarations, se heurtant visiblement à l’intransigeance des belligérants.

Le premier ministre de l’administration rebelle, Abdel Aziz ben Habtour, avait insisté dimanche devant M. Griffiths sur le fait qu’il n’était pas question d’accepter une trêve dans les conditions actuelles.

Les Émirats, autre membre important de la coalition, ont exigé lundi de leur côté un retrait « sans condition » des insurgés de Hodeida pour mettre un terme à l’offensive contre la ville.