Jordanie: le gouvernement cède aux pressions de la rue

Des Jordaniens manifestent à Amman près du bureau du premier ministre.
Photo: Ahmad Gharabli Agence France-Presse Des Jordaniens manifestent à Amman près du bureau du premier ministre.

Soumises à la pression de la rue, les autorités jordaniennes ont annoncé jeudi le retrait d’un projet de loi fiscale controversé, décision saluée par les syndicats après une semaine de manifestations dans un pays traversé par un profond malaise social.

En soirée, la place où s’étaient rassemblés les manifestants pendant sept jours à Amman, épicentre de la contestation, était quasiment vide. Seule une centaine de personnes étaient revenues.

« Après des discussions avec le Parlement et le Sénat […], un accord a été trouvé pour retirer le projet de loi fiscale », avait auparavant affirmé à la presse le premier ministre Omar al-Razzaz.

 
20 %
de la population vit à la limite du seuil de pauvreté

Nommé lundi à son poste après la démission de son prédécesseur, ce dernier s’était engagé « à dialoguer avec les différentes parties » afin de « parvenir à un système fiscal juste pour tout le monde ».

Selon M. Razzaz, le retrait et les discussions sur une nouvelle mouture du projet auront lieu une fois le nouveau gouvernement formé. Il n’a pas dit quand cela devait survenir.

La Jordanie, largement dépendante des aides étrangères et dépourvue de ressources naturelles, s’est engagée auprès du Fonds monétaire international (FMI) à mener des réformes structurelles et à réduire ses déficits en échange d’un prêt de plusieurs centaines de millions d’euros.

Le texte décrié prévoyait une augmentation entre 5 % et 25 % des impôts pour les particuliers et imposait les personnes ayant un salaire annuel supérieur à 8000 dinars (environ 15 000 $).

Avec un taux de chômage de 18,5 %, 20 % des habitants vivant à la limite du seuil de pauvreté et des hausses de prix répétées, ce projet de loi « a été la goutte qui a fait déborder le verre », a affirmé à l’AFP Fayez Mohammed, un avocat qui avait observé un sit-in mercredi avec ses collègues devant le siège des syndicats à Amman.

La Jordanie est un pays clé du Moyen-Orient par sa géographie — qui la met en proximité directe avec des foyers de crises majeurs (Syrie, Irak, territoires palestiniens) — comme pour ses liens avec les États-Unis et Israël.