Nétanyahou milite contre le nucléaire iranien en Europe

Le chef du gouvernement israélien, Benjamin Nétanyahou, entamait lundi à Berlin une tournée européenne qui le mènera ensuite à Paris et à Londres.
Photo: Tobias Schwarz Agence France-Presse Le chef du gouvernement israélien, Benjamin Nétanyahou, entamait lundi à Berlin une tournée européenne qui le mènera ensuite à Paris et à Londres.

Benjamin Nétanyahou a mis en garde lundi Angela Merkel contre un nouvel afflux de réfugiés syriens en Allemagne si rien n’est fait pour contenir l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient.

Au premier jour à Berlin d’une tournée européenne destinée à fissurer le front uni des Européens sur le nucléaire iranien, le chef du gouvernement israélien a insisté sur un dossier politiquement très sensible pour la chancelière allemande.

Il a accusé Téhéran d’organiser le déploiement massif en Syrie de milices chiites, originaire notamment d’Afghanistan et du Pakistan, sous commandement militaire iranien, avec un « objectif militaire, mais aussi religieux ».

L’objectif de l’Iran est « de mener une guerre de religion en Syrie, en majorité sunnite », a-t-il assuré. « Cela risque de provoquer une nouvelle guerre de religion — cette fois une guerre de religion à l’intérieur de la Syrie — et la conséquence sera beaucoup plus de réfugiés et vous savez exactement où ils iront ».

Ceci « devrait être une source de préoccupation pour l’Allemagne », a-t-il ajouté.

L’Allemagne a accueilli à partir de l’été 2015 plus d’un million de migrants fuyant pour une grande partie la guerre civile en Syrie, une décision prise par la chancelière allemande qui lui vaut aujourd’hui de nombreuses critiques dans son pays et a qui a contribué à l’essor de l’extrême droite allemande.

Nucléaire en trame de fond

La chancelière a reconnu que l’influence iranienne en Syrie, au Yémen ou au Liban était « préoccupante » et qu’il convenait « de restreindre fortement » les « activités régionales » de Téhéran. Mais elle a dans le même temps campé sur sa volonté de maintenir en vie l’accord sur le nucléaire iranien, malgré le récent retrait des États-Unis et l’opposition farouche de l’État hébreu à ce texte.

« Nous n’avons pas sur tous les dossiers des convergences de vue », a-t-elle diplomatiquement dit à Benjamin Nétanyahou à ce sujet.

« Nous avons, comme vous pouvez parfois le voir, des désaccords, mais ils ne portent pas vraiment sur l’objectif ; ils portent plutôt sur la méthode », lui a répondu le chef du gouvernement israélien, qui doit se rendre mardi à Paris puis mercredi à Londres pour marteler un message identique.

M. Nétanyahou a réaffirmé que l’Iran et ses ambitions à la fois nucléaires et régionales au Moyen-Orient constituaient « le plus grand défi du monde civilisé ».

« Il est important d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et nous ne laisserons pas cela arriver », a-t-il prévenu.

Il s’est indigné aussi d’un tweet publié dimanche par le guide suprême iranien Ali Khamenei, dans lequel il réitère qu’« Israël est une tumeur cancéreuse » au Moyen-Orient, « qui doit être éradiquée ». Ces propos sont « inconcevables » au XXIe siècle, a-t-il jugé.

Mme Merkel a, elle aussi, « catégoriquement rejeté » ces propos.

« Nous sommes unis dans l’objectif visant à ce que l’Iran ne dispose jamais de l’arme atomique » et la discussion avec Israël porte « sur le meilleur moyen d’y parvenir », a-t-elle dit.

Allemagne, France et Royaume-Uni sont trois des signataires de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre les grandes puissances et Téhéran pour tenir la République islamique éloignée de l’arme nucléaire.