Échange de tirs à Gaza entre Palestiniens et Israéliens

Mardi, des bateaux de pêche palestiniens ont quitté le port de Gaza et ont défié le blocus naval israélien et égyptien, emmenant en mer une vingtaine de personnes, dont des malades et des étudiants, incapables de traverser la frontière terrestre.
Photo: Khalil Hamra Agence France-Presse Mardi, des bateaux de pêche palestiniens ont quitté le port de Gaza et ont défié le blocus naval israélien et égyptien, emmenant en mer une vingtaine de personnes, dont des malades et des étudiants, incapables de traverser la frontière terrestre.

L’armée israélienne a frappé mardi des dizaines de cibles dans la bande de Gaza en représailles à un feu nourri de roquettes et d’obus, l’affrontement le plus sévère entre Israël et les groupes armés palestiniens depuis la guerre de 2014.

L’un de ces groupes, le Djihad islamique, a annoncé dans la soirée qu’un accord de cessez-le-feu avait été conclu entre les organisations palestiniennes et Israël sous les auspices de l’Egypte, autre voisin de la bande de Gaza et intermédiaire historique entre les deux camps.

« Pas de commentaire », a répondu l’armée israélienne. Peu de temps auparavant, l’armée disait poursuivre ses opérations dans la bande de Gaza, langue de terre coincée entre Israël, l’Égypte et la Méditerranée. Des explosions se faisaient encore entendre autour de minuit.

Ce nouvel accès de tensions après des semaines de violences le long de la frontière entre Israël et Gaza fait resurgir le spectre d’un nouveau conflit dans l’enclave qui a connu depuis 2008 trois guerres entre Israël d’une part et le mouvement islamiste Hamas et ses alliés, dont le Djihad islamique, de l’autre.

Le territoire israélien a essuyé pendant la journée son « plus important barrage de tirs d’obus de mortier et de roquettes » depuis 2014, a indiqué un porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

Environ 70 roquettes et obus de mortier ont été tirés de la bande de Gaza vers Israël, a dit l’armée. Nombre de projectiles ont été interceptés par le système de défense antiaérienne « Dôme de fer ». « Certains étaient de fabrication iranienne », a dit l’armée. Ennemi juré d’Israël, l’Iran soutient le Hamas et le Djihad islamique.

En représailles, Israël a apporté « la réplique la plus importante depuis 2014 », son aviation et son artillerie frappant pas moins de 35 positions avant 16 h et poursuivant ses opérations plus tard.

La marine israélienne a en outre arraisonné au large de Gaza un bateau transportant une vingtaine de Palestiniens qui avaient pris la mer pour protester contre le blocus terrestre, aérien et maritime imposé depuis plus de dix ans par Israël à l’enclave.

Double responsabilité ?

Fait rare indicatif du sérieux de la situation, les bras armés du Hamas et du Djihad islamique ont publié un communiqué commun pour revendiquer la responsabilité des tirs contre Israël, réponse selon eux à des attaques israéliennes contre leurs positions à Gaza, dont l’une avait encore tué dimanche trois membres du Djihad islamique.

Ces « crimes ne peuvent en aucun cas être tolérés », écrivent-ils, déclarant que « toutes les options sont ouvertes ».

C’est plus tard seulement que le Djihad islamique a annoncé un cessez-le-feu, dont la réalité reste à confirmer, mais qui associe également le Hamas, selon lui.

Israël et le Hamas observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu, régulièrement remis en cause par des accès de tensions.

Ni Israël ni le Hamas, affaibli et isolé, ne passaient jusqu’alors pour avoir intérêt à une escalade. Mais diplomates et experts soulignent combien l’enfermement de Gaza, la crise économique qui y sévit et l’absence d’horizon politique rendent la situation volatile.

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Guilad Erdan, a affirmé à la chaîne 2 que « les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique devraient craindre pour leur vie », ajoutant qu’il était temps selon lui « de reprendre la politique des assassinats ciblés ».