Syrie: des Russes parmi les forces prorégimes tuées par le groupe EI

Des immeubles endommagés dans la province de Deir Ezzor, en Syrie, en novembre dernier
Photo: Stringer Agence France-Presse Des immeubles endommagés dans la province de Deir Ezzor, en Syrie, en novembre dernier

Des combattants russes figurent parmi des dizaines de forces progouvernementales tuées ces derniers jours dans une série d’attaques du groupe État islamique (EI) dans l’est de la Syrie, zone désertique où le groupe ultraradical reste présent après la chute de son califat autoproclamé.

Chassé de ses autres bastions, cible de deux offensives distinctes dans cette région qui court jusqu’à la frontière irakienne, le groupe EI a accéléré ses opérations contre des positions du régime de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

L’attaque la plus meurtrière a eu lieu mercredi lorsque des djihadistes ont visé des troupes du régime et des combattants russes alliés près de la ville de Mayadine, dans la province riche en pétrole de Deir Ezzor, a rapporté dimanche l’ONG, basée en Grande-Bretagne mais qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays.

« Trente-cinq forces progouvernementales ont été tuées et, parmi elles, figurent au moins neuf combattants russes. Une partie de ces Russes sont des soldats, mais pas tous », a dit à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Les 26 autres appartiennent aux forces du régime, a-t-il ajouté.

Présence russe

Engagée militairement dans le conflit syrien, dans les airs et au sol, depuis septembre 2015, la Russie a permis au pouvoir de Bachar al-Assad d’engranger une série de victoires face aux rebelles et aux djihadistes.

En plus de ses milliers de soldats, Moscou compterait aussi des mercenaires sur le sol syrien.

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a reconnu la mort de quatre soldats lors d’affrontements dans la province de Deir Ezzor, sans mentionner de date et de lieu. Mais, d’après l’OSDH, il s’agit bien de l’attaque survenue près de Mayadine.

Jeudi, le groupe EI avait pour sa part affirmé avoir attaqué, la veille, des forces du régime dans l’est de la Syrie, sans fournir de détails.

Deux des soldats russes tués étaient « des conseillers militaires commandant l’artillerie syrienne » et sont morts sur place, a précisé le ministère russe de la Défense, cité par les agences russes.

Selon Moscou, les affrontements ont éclaté de nuit quand « plusieurs groupes terroristes mobiles ont attaqué l’artillerie gouvernementale syrienne ».

La veille de ces affrontements, une autre attaque éclair du groupe EI, dans la province voisine de Homs, avait déjà coûté la vie à 26 membres des forces du régime, selon l’Observatoire.

Et, entre samedi soir et dimanche, un double assaut des djihadistes a de nouveau tué au moins 11 combattants prorégime, dans la province de Deir Ezzor, d’après la même source.

Au total, cela fait « au moins 76 membres des forces du régime et de leurs alliés iraniens et russes tués » en moins d’une semaine, a indiqué Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, les attaques se sont accélérées au lendemain du départ des derniers combattants du groupe EI du sud de Damas, notamment du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à la faveur d’une évacuation négociée.

Beaucoup ont rejoint la badia (désert), qui s’étend de la province de Homs à la frontière orientale avec l’Irak, en passant par la province de Deir Ezzor.