Syrie: des combattants appuyés par Paris et Washington avancent face au groupe EI

Des membres des Forces démocratiques syriennes et des soldats américains se rassemblent sur le champ pétrolifère d'al-Tanak, dans la province de Deir Ezzor, le 1er mai dernier.
Photo: Deli Souleiman Agence France-Presse Des membres des Forces démocratiques syriennes et des soldats américains se rassemblent sur le champ pétrolifère d'al-Tanak, dans la province de Deir Ezzor, le 1er mai dernier.

Beyrouth — Une coalition de combattants arabes et kurdes en Syrie appuyée par l’artillerie des forces françaises et américaines a progressé dimanche dans l’ultime bastion du groupe armé État islamique (EI) dans la province orientale de Deir Ezzor, selon une ONG.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues également par les raids aériens de la coalition internationale antijihadistes menée par Washington, ont lancé début mai la phase « finale » de leur offensive contre le groupe EI.

Elles sont positionnées à l’est du fleuve Euphrate qui coupe en deux la province de Deir Ezzor, alors que les forces prorégime sont postées à l’ouest.

« Des combats acharnés ont lieu dans les environs du village de Hajine ainsi qu’autour de celui de Baghuz », conquis il y a une semaine par les FDS, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les FDS progressent au sol « grâce à des tirs d’artillerie américains et français », a affirmé à l’AFP le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane, précisant qu’elles avaient conquis la veille « une colline surplombant Hajine et deux villages environnants ».

La coalition antijihadistes a annoncé le 3 mai sur Twitter que des soldats français participaient aux opérations contre le groupe EI dans la vallée de l’Euphrate.

« Au début de l’opération, les soldats américains et français avaient davantage recours aux raids aériens, mais l’artillerie a pris le dessus au fur et à mesure de la progression des troupes », a indiqué M. Abdel Rahmane.

Selon lui, l’opération a lieu « en coordination avec les forces irakiennes stationnées de l’autre côté de la frontière pour repousser toute tentative d’infiltration ou de fuite des djihadistes ».  


Bastion toujours existant

Trois grands villages restent encore sous contrôle du groupe EI dans cette zone : Hajine, Soussa et Al-Chaafa, selon l’OSDH.

Les troupes américaines et françaises sont déployées « dans des bases militaires érigées par Washington autour des principaux champs pétroliers de la région, notamment celui d’Al-Omar », l’un des plus grands de Syrie, selon M. Abdel Rahmane.

Défait par les multiples opérations militaires, le groupe EI ne contrôle plus que moins de 3 % du territoire syrien, selon l’OSDH. Il est présent dans des poches désertiques du centre et de l’est ainsi que dans le sud de Damas.

La guerre en Syrie a éclaté en 2011 après la répression sanglante de manifestations pacifiques en faveur de réformes démocratiques. Elle s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication de groupes djihadistes et de puissances étrangères, et a fait plus de 350 000 morts.