Washington dit respecter le résultat des élections en Irak

«C’est un processus démocratique à un moment où beaucoup de gens ont douté du fait que l’Irak pouvait se prendre en main», a dit le ministre américain de la Défense, Jim Mattis.
Photo: Alex Brandon Associated Press «C’est un processus démocratique à un moment où beaucoup de gens ont douté du fait que l’Irak pouvait se prendre en main», a dit le ministre américain de la Défense, Jim Mattis.

Washington — Le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a affirmé mardi qu’il respectait le résultat des dernières élections en Irak, malgré le succès-surprise du leader nationaliste chiite Moqtada Sadr qui a combattu les troupes américaines pendant la guerre.

« Le peuple irakien a tenu une élection. C’est un processus démocratique à un moment où beaucoup de gens ont douté du fait que l’Irak pouvait se prendre en main », a dit M. Mattis à des journalistes au Pentagone. « Nous allons attendre les résultats définitifs des élections. Et nous respecterons la décision du peuple irakien », a-t-il ajouté.

La porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert, a de son côté assuré que les États-Unis pensaient pouvoir « continuer » à avoir de « bonnes relations » avec le futur gouvernement irakien, tout en soulignant qu’il sera le fruit d’une coalition qui doit encore voir le jour.

« Nous savons très bien qui est Moqtada Sadr, nous connaissons son passé et ses positions », a-t-elle ajouté, mais « nous faisons confiance au gouvernement irakien ».

Moqtada Sadr a combattu les troupes américaines après l’invasion de 2003 et il réclame aujourd’hui leur départ après la victoire sur le groupe djihadiste État islamique (EI).

Le Pentagone a dit qu’il était trop tôt pour savoir ce que pourraient signifier les résultats de l’élection pour la présence des troupes américaines. « Nous n’appuyons aucun parti ou candidat en particulier. Nous appuyons un processus juste et transparent, a dit un porte-parole du Pentagone, Eric Pahon. Nous sommes prêts à travailler avec n’importe quelle personne élue de manière transparente par le peuple irakien. »

Jeu d’alliances

Moqtada Sadr et des listes chiites proches de l’Iran sont entrés en compétition pour former des alliances leur permettant de gouverner l’Irak durant les quatre prochaines années. Des négociations qui s’annoncent d’autant plus compliquées que les deux puissances agissantes en Irak, les États-Unis et l’Iran, sont à couteaux tirés du fait du retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien.

« Beaucoup de personnes en Irak et dans d’autres pays ont des inquiétudes au sujet de l’influence de l’Iran dans plusieurs autres pays. C’est bien toujours une préoccupation en ce qui nous concerne », a reconnu la porte-parole du département d’État américain.

La personnalité et le parcours de Moqtada Sadr posent autant problème à Washington qu’à Téhéran.

Les Américains se rappellent en effet sa puissante milice, avec laquelle ils avaient croisé le fer dans la foulée de l’invasion de 2003.

Et les Iraniens n’oublient pas les positions antagonistes que ce descendant d’une lignée de dignitaires religieux, opposants respectés, a régulièrement prises, comme sa visite chez l’ennemi juré de l’Iran, l’Arabie saoudite.