Jour d’élections dimanche au Liban

Le Liban organise dimanche ses premières élections législatives en près d’une décennie.
Photo: Joseph Eid Agence France-Presse Le Liban organise dimanche ses premières élections législatives en près d’une décennie.

Beyrouth — Le Liban, qui organise dimanche ses premières élections législatives en près d’une décennie, est un pays aux équilibres communautaires fragiles, malmené par des années de crises politiques et parfois victime collatérale de vives tensions régionales.

Avec une économie au bord du précipice, il a souffert des retombées de sept ans de conflit en Syrie voisine. Le pays partage aussi une frontière au sud avec Israël. Malgré cette situation géographique délicate, ces dernières années il a souvent évité, de justesse seulement, un engrenage de la violence.

Un petit pays au coeur de la tempête

Le Liban, qui arbore un cèdre emblématique sur son drapeau, est un des plus petits États du Moyen-Orient, avec un territoire de quelque 10 000 kilomètres carrés, bordé à l’ouest par la Méditerranée.

Le pays est considéré comme relativement libéral dans une région plutôt conservatrice, mais la religion y occupe une place de premier plan. Il y a 18 communautés religieuses et l’État est régi par un système complexe de partage du pouvoir entre les différentes confessions.

Le pays est une République parlementaire avec une chambre de 128 députés, qui respecte la parité entre musulmans et chrétiens.

Conformément au pacte national datant de l’indépendance en 1943, le président doit être un chrétien maronite, le premier ministre un musulman sunnite et le président du Parlement un musulman chiite.

Le pays a connu 15 ans d’une guerre civile (1975-1990) et a été sous tutelle syrienne depuis les années 1990 jusqu’au retrait des soldats syriens en 2005.

Les institutions politiques ont été longtemps paralysées par les antagonismes entre prosyriens et antisyriens. Depuis 2011, ils sont surtout liés au conflit syrien et opposent le camp du premier ministre Saad Hariri à celui du Hezbollah chiite impliqué dans la guerre au côté du régime de Bachar al-Assad.

Créé en 1982 par les Gardiens de la révolution iraniens, le Hezbollah est l’ennemi juré d’Israël auquel il a livré une guerre en 2006.

Victime collatérale du conflit syrien

Le conflit syrien a régulièrement débordé sur le Liban. Plusieurs attentats suicides ont ainsi secoué Beyrouth et d’autres régions du pays.

Avec une population de quatre millions d’habitants, le Liban accueille aujourd’hui 1,5 million de réfugiés syriens selon des chiffres de l’ONU.

Beyrouth et des organisations internationales ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme concernant le poids économique et social de cet afflux massif.

Parmi les conséquences sur la population locale figurent une hausse du taux de chômage et une paupérisation liées notamment à une plus grande concurrence sur le marché du travail, selon le FMI.

L’économie est en panne depuis sept ans en raison de crises politiques à répétition et l’impact du conflit syrien.

Le pays connaît d’importants retards de développement, à commencer par l’alimentation en eau, la production d’électricité et le traitement des déchets.

La croissance oscillait en moyenne autour de 1,1 % au cours des trois dernières années, contre plus de 9 % à la veille du conflit syrien.

La dette publique culmine à 150 % du PIB, le troisième taux le plus élevé à l’échelle mondiale après le Japon et la Grèce.

Le 6 avril dernier, la communauté internationale s’est engagée à mobiliser plus de 11 milliards de dollars en prêts et dons pour le Liban.

Richesse culturelle

Symboles de la richesse culturelle du pays, les festivals d’été dans le temple romain de Baalbeck, la citadelle croisée de Byblos et le palais des émirs du 19e siècle de Beiteddine témoignent d’une vie artistique assez florissante.

Le Salon du livre de Beyrouth, organisé tous les ans et qui accueille plus de 80 000 visiteurs, est le troisième salon francophone au monde après celui de Paris et de Montréal.

Au Liban, membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les écoles offrent le français comme seconde langue, mais l’anglais grignote de plus en plus la place de la langue de Molière.