Syrie: le régime bombarde les bastions djihadistes à Damas

Des bombardements du régime syrien sur le sud de Damas, jeudi
Photo: Syrian Arab News Agency (SANA / Stringer / AFP Des bombardements du régime syrien sur le sud de Damas, jeudi

Damas — L’aviation et l’artillerie du régime syrien a bombardé jeudi des bastions djihadistes à Damas, ont affirmé les médias d’État et une ONG, alors que Damas tente aussi de reprendre les zones qui lui échappent près de la capitale et dans l’est du pays.

Le régime bombardait depuis plusieurs jours à l’artillerie les secteurs djihadistes dans le sud de Damas, mais suite à l’échec de négociations sur l’évacuation de ces combattants, il a eu recours à l’aviation pour tenter de les faire plier, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’aviation syrienne a frappé « les repaires des terroristes du Front al-Nosra [ancienne branche d’al-Qaïda en Syrie] et de Daech [acronyme arabe de l’organisation État islamique] à Hajar al-Aswad », dans le sud de la capitale, a annoncé l’agence officielle Sana.

« Une opération militaire contre [le groupe] EI dans le sud de Damas a débuté après l’échec de négociations pour évacuer » les combattants djihadistes de cette zone, a indiqué de son côté le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, les frappes aériennes et bombardements ont visé la camp palestinien de Yarmouk ainsi que les quartiers voisins de Hajar al-Aswad et Tadamoune.

Poches de résistance

Après l’annonce samedi par Damas de la reconquête totale de l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale, aux portes de la capitale, au terme de deux mois d’une opération ayant tué 1700 civils selon l’OSDH, les poches de résistance dans le sud de la capitale sont dans le viseur du régime.

Ces zones sont majoritairement contrôlées par le groupe État islamique depuis 2015.

Yarmouk abritait avant le début du conflit quelque 160 000 personnes, y compris des Syriens. Aujourd’hui, seuls quelques milliers de réfugiés y vivent encore.

L’organisation djihadiste a perdu l’essentiel du territoire qu’elle contrôlait avec son « califat », autoproclamé en 2014 sur une vaste zone à cheval sur la Syrie et l’Irak. Elle ne contrôle plus que 5 % du territoire syrien, selon le géographe français Fabrice Balanche.

Offensive du groupe EI

Outre le sud de Damas, le groupe État islamique dispose de fiefs dans le désert de Badia et la région de Deir-Ezzor, dans l’est du pays, où le groupe a lancé mercredi, selon l’OSDH, une offensive près de Mayadine, ville reprise il y a six mois par les forces du régime et ses alliés.

Au moins 25 soldats et combattants pro régime et 13 djihadistes ont été tués dans l’attaque.

« Les tentatives [du groupe] EI d’avancer en direction de Mayadine se poursuivent », a déclaré à l’AFP M. Abdel Rahmane, estimant qu’il s’agit de « la plus grande offensive [du groupe] EI depuis qu’ils ont perdu la ville ».

Mayadine, située à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Deir Ezzor (est), avait été reprise par les forces du régime en octobre dernier.

L’Irak a par ailleurs mené jeudi un raid contre des positions du groupe EI près de Hajine, une localité à quelque 30 km au sud de Mayadine, selon la coalition internationale antidjihadiste conduite par les États-Unis.

Accords avec les rebelles

Parallèlement aux offensives pour chasser les djihadistes du pays, le régime syrien conclut des accords avec les rebelles, tout particulièrement ceux qui se trouvent encore autour de la capitale, pour les évacuer vers des zones insurgées dans le nord du pays.

Ainsi jeudi, les forces de sécurité sont entrées à Doumeir après l’évacuation des derniers combattants rebelles de cette localité proche de Damas, selon les médias d’État.

La reconquête de Doumeir intervient moins d’une semaine après la reprise par le régime samedi de l’intégralité de l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale, le dernier bastion des insurgés aux portes de la capitale.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire morcelé. Il a fait plus de 350 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Depuis l’intervention de son allié russe en 2015, le régime a repris une grande partie du pays.