Syrie: Assad déterminé à poursuivre l’offensive dans la Ghouta

La Syrie est ravagée depuis 2011 par une guerre complexe, qui a fait plus de 340 000 morts.
Photo: George Ourfalian Agence France-Presse La Syrie est ravagée depuis 2011 par une guerre complexe, qui a fait plus de 340 000 morts.

L’offensive contre la partie rebelle de la Ghouta orientale « doit se poursuivre », a prévenu dimanche le président syrien, après deux semaines de bombardements meurtriers pour les civils et des combats au sol qui lui ont permis de reprendre plus du quart de l’enclave.

D’après l’ONU, un premier convoi d’aide humanitaire devrait entrer lundi dans le dernier fief rebelle aux portes de Damas, dont les quelque 400 000 habitants sont assiégés depuis 2013 et subissent au quotidien de graves pénuries de nourriture et de médicaments.

« L’opération doit se poursuivre, parallèlement à la possibilité donnée aux civils de rejoindre les territoires » du régime, a affirmé Bachar al-Assad, dont les forces ont entamé le 18 février une campagne aérienne d’une rare violence, qui a tué plus de 650 civils et a constitué le prélude à une offensive terrestre en cours.

Le régime a fait dimanche sa première annonce officielle concernant cette opération au sol, qui se déroule malgré la trêve quotidienne de cinq heures — entre 7 h et 12 h (heure locale) — observée depuis mardi à l’initiative de son grand allié russe.

L’armée syrienne a « progressé sur plusieurs fronts », a dit une source militaire citée par l’agence officielle Sana, alors que depuis plusieurs jours déjà les combats sur le terrain s’étaient intensifiés.

Les forces du régime ont ainsi capturé des secteurs dans l’est et le sud-est de l’enclave, jusqu’à prendre le contrôle de « plus de 25 % » du fief rebelle, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Elles se trouvaient dimanche à trois kilomètres seulement de Douma, la grande ville de la Ghouta, cible de raids aériens, et ont pris pied dans le centre de l’enclave, d’après l’Observatoire.

« La rapidité de cette progression est due au fait que les opérations se déroulent principalement dans des secteurs agricoles », a déclaré à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Malgré la trêve quotidienne, six civils ont été tués dimanche dans des bombardements du régime, selon l’OSDH.

« Il n’y a aucune contradiction entre la trêve et les combats », a estimé dimanche le président syrien.

Cette trêve devait permettre l’évacuation de civils et blessés et l’entrée d’aide humanitaire dans un secteur touché par des centaines de cas de malnutrition.

« Un convoi de 46 camions transportant des aides médicales et de la nourriture pour 27 500 personnes » devrait finalement se rendre lundi dans la Ghouta, a annoncé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU.

Au total, « 70 000 personnes dans le besoin » doivent bénéficier de ces aides, et un deuxième convoi doit être envoyé jeudi.

Dimanche, un correspondant de l’AFP a pu voir des habitants, femmes et enfants, jetés sur les routes par les frappes sur la localité de Beit Sawa, emportant quelques biens sur des motos ou des camionnettes.

Dans les hôpitaux, les mêmes drames sont filmés au quotidien par les correspondants de l’AFP, avec des enfants en pleurs, des petits au visage ensanglanté, des hommes au crâne bandé et parfois couverts de poussière.

La Syrie est ravagée depuis 2011 par une guerre complexe impliquant plusieurs pays étrangers qui a fait plus de 340 000 morts.