L’Iran tient ses engagements nucléaires, selon l’AIEA

Poignée de main entre Yukiya Amano, directeur de l'AIEA, et le président Rohani, en octobre dernier.
Photo: Iranian presidency / HO / Agence France-Presse Poignée de main entre Yukiya Amano, directeur de l'AIEA, et le président Rohani, en octobre dernier.

Vienne — L’Iran tient bien ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances en 2015, selon un rapport trimestriel de l’AIEA rendu public jeudi, alors que le président américain, Donald Trump, menace de dénoncer le texte en mai.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de la surveillance du volet technique de l’accord, atteste notamment que Téhéran n’a pas enrichi d’uranium à des degrés prohibés ni constitué de stocks illégaux d’uranium faiblement enrichi ou d’eau lourde.

Ce satisfecit, attendu, intervient à moins de trois mois de la fin d’un ultimatum fixé par M. Trump pour « remédier aux terribles lacunes » de l’accord, que pendant sa campagne électorale il avait menacé de « déchirer », au grand dam des alliés des États-Unis.

Conclu en juillet 2015 sous la présidence de Barack Obama entre l’Iran et les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne), le texte bride et encadre strictement les activités nucléaires de Téhéran de façon à garantir leur nature pacifique.

Mais depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, Washington agite régulièrement la menace d’un rétablissement de sanctions contre l’Iran qui ont été levées en vertu du texte, une initiative qui signerait de facto la fin de l’accord et qu’ont dénoncée les autres parties prenantes.

Le gouvernement Trump critique notamment la levée programmée à partir de 2026 de certaines restrictions frappant l’Iran, ainsi que la poursuite par Téhéran d’un programme balistique en violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le vice-président américain Mike Pence a réaffirmé fin janvier à Jérusalem qu’à ses yeux le texte était un « désastre » et que les États-Unis s’en désengageraient « immédiatement » s’il n’était pas amendé comme ils l’exigent.

L’Iran, qui a toujours assuré que son programme nucléaire n’avait aucune visée militaire, a exclu toute renégociation du texte, avec le soutien de Moscou.

Téhéran a contre-attaqué début février en accusant Washington de « violation du TNP », le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, après que les États-Unis eurent annoncé qu’ils voulaient se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance.

Le président iranien, Hassan Rohani, s’est parallèlement dit « satisfait que Trump, après un an de présence à la Maison-Blanche, n’ait toujours pas réussi à déchirer l’accord nucléaire comme il l’avait dit ».

« L’accord nucléaire est si solide qu’il a résisté pendant un an aux pressions américaines », a-t-il souligné le 6 février, tout en relevant le regain d’incertitude que font peser les dernières menaces du gouvernement américain sur l’accord.

Le rapport de l’AIEA, consulté par l’AFP à Vienne jeudi, souligne par ailleurs que Téhéran a informé en janvier cette agence onusienne de son intention de mettre au point « à l’avenir des moyens de propulsion navale nucléaires ». L’agence a précisé avoir demandé davantage de détails.