Syrie: la Croix-Rouge réclame un accès d'urgence à la Ghouta dévastée

Plusieurs hôpitaux ont été touchés par les frappes dans la Ghouta orientale.
Photo: Amer Almohibany Agence France-Presse Plusieurs hôpitaux ont été touchés par les frappes dans la Ghouta orientale.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé mercredi un accès à la Ghouta orientale, un fief rebelle près de Damas sous le coup d’intenses bombardements du régime pour un quatrième jour consécutif, qui ont tué au moins 40 civils.

Devant le Conseil de sécurité, le secrétaire général des Nations unies (ONU), António Guterres, a demandé un arrêt « immédiat » des combats dans cette région, où il a dénoncé un « enfer sur terre ».

Cette nouvelle campagne aérienne, la plus dévastatrice contre cette région depuis le début de la guerre il y a près de sept ans, a été lancée dimanche, en prélude à une offensive terrestre du régime, selon un journal proche du régime de Bachar al-Assad.

Elle a coûté la vie à plus de 310 civils, dont 72 enfants et 45 femmes, et blessé plus de 1650 autres, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Illustration: Guillaume Levasseur Le Devoir L’offensive des forces syriennes dans la Ghouta orientale a coûté la vie à plus de 310 civils et blessé plus de 1650 autres.

L’ampleur des destructions est énorme dans cette vaste région, dont les quelque 400 000 habitants sont soumis à un siège asphyxiant du régime depuis 2013, avec des cas de malnutrition et de personnes affamées.

« Nos équipes doivent être autorisées à se rendre dans la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés », a déclaré dans un communiqué Marianne Gasser, représentante du CICR en Syrie.

Les équipes médicales « sont incapables de faire face à ce grand nombre de blessés et il n’y a pas dans la région suffisamment de médicaments et de matériel médical », selon Mme Gasser.

De nouvelles frappes ont tué mercredi au moins 40 civils, dont quatre enfants, et blessé quelque 350 personnes, a précisé l’OSDH. Les raids ont ciblé plusieurs localités, principalement Hammouriyé et Kfar Batna. Outre des bombes, les avions ont largué des barils d’explosifs, une arme qui tue de manière aveugle.

Hôpitaux touchés

Plusieurs hôpitaux ont notamment été touchés par les frappes. « Le régime prétend viser des groupes armés, mais en vérité il ne vise que les civils ! » s’est insurgé Ahmed Abdelghani, un médecin qui travaille dans les hôpitaux de Hammouriyé et d’Arbine qui ont été bombardés.

« Nous tentons d’évacuer des dizaines de blessés et de les transférer vers d’autres hôpitaux, mais nous n’avons pas encore pu sortir en raison de l’intensité des bombardements », a indiqué à l’AFP Bakr Abou Ibrahim, un médecin de l’hôpital de Saqba, touché lundi et mercredi par des raids.

« Nous nous cachons dans des cimetières. C’est comme si on creusait notre tombe avant même de mourir », raconte de son côté Amal al-Wouhaibi, une habitante de Douma.

L’OSDH a affirmé, comme le groupe islamiste Jaich al-Islam — l’une des deux formations rebelles dans la région — que l’aviation de la Russie, alliée du régime, avait participé mercredi aux raids. Mais Moscou a démenti cette allégation.

Selon le quotidien syrien Al-Watan, les frappes « sont un prélude à une opération d’envergure terrestre, laquelle peut commencer à tout moment ».

Avant la Ghouta orientale, dernier bastion contrôlé par les insurgés près de Damas, plusieurs zones rebelles, comme Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siège étouffant pour forcer les combattants anti-régime à déposer les armes et les civils à fuir.