Les «Casques blancs» syriens en mal de financement

Des civils et des membres des Casques blancs lors d'une intervention en Ghouta orientale, au début janvier
Photo: Abdulmonam Eassa Agence France-Presse Des civils et des membres des Casques blancs lors d'une intervention en Ghouta orientale, au début janvier

Paris — Les « Casques blancs », ces secouristes bénévoles qui portent assistance aux civils victimes du conflit syrien, manquent de financements pour poursuivre leur action, a déclaré mardi à la presse leur vice-président Abdulrahman Almawwas.

« Nous sommes en train d’établir notre budget pour 2018 et il est en baisse d’environ 6 millions de dollars », a précisé M. Almawwas, à l’issue d’une rencontre à Paris avec un conseiller du président Emmanuel Macron.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne étaient les principaux contributeurs en 2017, a-t-il ajouté, sans vouloir préciser quels partenaires avaient réduit leur soutien financier.

Recrudescence des combats

La réduction du budget, tombé de 18 à 12 millions de dollars, a obligé l’organisation à repousser l’intégration de nouveaux volontaires, alors que le pays fait face à une recrudescence des combats, a-t-il déploré.

L’organisation estime que 400 civils ont été tués ou blessés la semaine passée dans les raids aériens du régime syrien contre l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, près de Damas, où quelque 300 « Casques blancs » sont mobilisés.

Ces combats pourraient entraîner une crise humanitaire comparable à celle d’Alep, reprise en décembre 2016 par les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad, après un siège et des bombardements dévastateurs, craint le responsable.

« Ils ont commencé à viser des hôpitaux, et c’est exactement ce qui s’était produit à Alep », a souligné Abdulrahman Almawwas. « Il leur reste un peu de nourriture [dans la Ghouta orientale], mais c’est vraiment, vraiment cher. »

Pour un cessez-le-feu

M. Almawwas a demandé au président Macron d’intensifier ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu en Syrie. Mais le président français, qui a récemment appelé Moscou à agir pour mettre un terme à la dégradation de la situation humanitaire, apparaît impuissant à influencer la situation.

L’an dernier, un documentaire de Netflix retraçant l’engagement souvent héroïque de ces secouristes volontaires avait obtenu un Oscar. Un second film intitulé Les derniers hommes d’Alep est également en course pour un Oscar cette année.

Les Casques blancs, souvent accusés de « propagande » pro-occidentale par Damas et Moscou, ont payé un lourd tribut dans ce conflit : depuis 2013, 218 volontaires ont été tués et 500 autres blessés, a rappelé M. Almawwas.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes.

Il a fait plus de 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.