Abbas appelle l'Europe à reconnaître «rapidement» la Palestine comme État indépendant

Le président palestinien, Mahmoud Abbas
Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse Le président palestinien, Mahmoud Abbas

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a appelé lundi les États membres de l’UE à reconnaître « rapidement » la Palestine comme un État indépendant, jugeant qu’il n’y avait pas de « contradiction » avec « une reprise des négociations » de paix avec Israël.

« Nous considérons vraiment l’Union européenne comme une véritable partenaire et amie et pour cette raison, nous appelons ses États membres à reconnaître rapidement l’État de Palestine », a déclaré M. Abbas, venu chercher le soutien des Européens après la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Il n’y a pas de contradiction entre une reconnaissance et la reprise des négociations », a-t-il estimé, alors que neuf pays de l’UE ont reconnu l’État palestinien par le passé, une démarche que l’Union dans son ensemble n’envisage pas à ce stade.

Ceci encouragerait le peuple palestinien à continuer d’espérer en la paix et ouvrirait la porte à la paix. 

« Malgré les obstacles que nous pouvons trouver sur notre chemin », a assuré le président de l’Autorité palestinienne (AP), « nous sommes déterminés à continuer cette négociation car nous pensons que c’est la seule façon d’avancer pour trouver une solution négociée et faire la paix » avec Israël.

Parmi les 28 pays de l’UE, la Suède a officiellement reconnu l’État palestinien en 2014. Huit autres pays avaient fait cette démarche avant leur entrée dans l’UE : la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre.

Les États-Unis montrés du doigt

M. Abbas a aussi critiqué le gel, par les États-Unis, d’une partie de leurs financements pour l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), estimant que cela revenait à « abandonner les réfugiés palestiniens » ou à « les appeler à quitter » les territoires palestiniens.

En accueillant M. Abbas, qui devait déjeuner avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE, la Haute représentante pour les Affaires étrangères Federica Mogherini a redit « l’engagement ferme de l’UE envers la solution à deux États » (israélien et palestinien) au conflit, « avec Jérusalem comme capitale partagée ».

« Ce n’est pas le moment de se désengager », a aussi lancé Mme Mogherini alors que la direction palestinienne refuse désormais de considérer les États-Unis comme un médiateur « légitime » et que Mahmoud Abbas a accusé Israël d’avoir « mis fin » aux accords de paix d’Oslo (1993), censés conduire à un règlement négocié du conflit israélo-palestinien.

« Au contraire, nous pensons que les Palestiniens et Israël devraient plus que jamais faire preuve de volonté de s’engager », a-t-elle insisté.