Jérusalem: les Palestiniens ne décolèrent pas

À Amman, en Jordanie, des manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade américaine, vendredi.
Photo: Ahmad Abdo Agence France-Presse À Amman, en Jordanie, des manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade américaine, vendredi.

De nouveaux heurts ont opposé Palestiniens et forces israéliennes vendredi, faisant quatre morts et des dizaines de blessés lors de manifestations contre la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Même si elle n’a pas déclenché la spirale de violence redoutée, la décision américaine et les violences qu’elle a suscitées ont causé la mort de huit Palestiniens, fait des centaines de blessés et conduit à des dizaines d’arrestations depuis qu’elle a été annoncée le 6 décembre.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi dans la bande de Gaza dirigée par le mouvement Hamas, et des milliers à Jérusalem et en Cisjordanie occupée à la sortie de la prière musulmane hebdomadaire.

Une partie d’entre eux sont ensuite allés au contact des soldats et policiers israéliens, qui ont riposté aux jets de pierres de jeunes gens souvent masqués par des tirs à balles réelles ou en caoutchouc et du gaz lacrymogène, à Ramallah, Bethléem, Hébron, Qalandiya et près de Naplouse, en Cisjordanie.

Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens ont défié les forces israéliennes au pied de la barrière de béton et de métal qui ferme hermétiquement la frontière. Deux hommes de 29 et 32 ans, dont l’un amputé des deux jambes, ont été tués par des tirs de soldats israéliens dans le territoire.

Plus de 140 personnes ont été blessées par balles à Gaza, et des dizaines d’autres en Cisjordanie occupée, ont indiqué les secours.

«Nouvelle intifada »

Le Hamas, qui avait exhorté à une « nouvelle intifada » aussitôt après l’allocution du président américain, a appelé à faire de chaque vendredi une « journée de rage ».

Deux autres Palestiniens ont trouvé la mort en Cisjordanie et dans une localité près de Jérusalem.

Le choix du président Donald Trump de tourner le dos à des décennies de diplomatie américaine et internationale continue ainsi de provoquer des mouvements quotidiens de protestation, plus ou moins violente.

Des dizaines de milliers de musulmans ont pris part à des manifestations à travers le monde depuis la semaine passée.

En Jordanie, des milliers de personnes ont manifesté à l’appel des Frères musulmans (dont est issu le Hamas) dans plusieurs villes du royaume, par solidarité avec « l’intifada de Jérusalem ».

Cependant, la protestation n’a pas pris pour l’instant les proportions appréhendées dans les territoires palestiniens et le monde musulman, alors que la communauté internationale s’alarmait du risque d’une incontrôlable réaction en chaîne.

Un récent sondage du respecté Centre palestinien de recherche politique indique que 45 % des Palestiniens sont favorables à un soulèvement populaire pour résoudre le vieux conflit avec Israël. Il y a trois mois, 35 % préconisaient la résistance armée et, pour le directeur de l’institut, Khalil Shikaki, la « seule explication possible » de cette augmentation est la décision de M. Trump.

Si cela ne se traduit pas par une mobilisation massive, c’est à cause de l’efficacité des forces de sécurité, dit M. Shikaki.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 16 décembre 2017 02 h 18

    le monde quelle merde

    on le serait a moins, non seulrment tu te fais voler ton territoire mais l'envahisseur veut faire de la ville la plus importante, sa capitale, quels mufles, heureusement que le monde s'y oppose rigoureusement