Les frappes de la coalition contre le groupe État islamique ont tué 801 civils

La ville de Mossoul, en Irak (ci-dessus le 9 juillet), a été libérée des djihadistes en juin dernier après avoir été sous le feu d'une violente offensive de neuf mois.
Photo: Ahmad al-Rubaye Archives Agence France-Presse La ville de Mossoul, en Irak (ci-dessus le 9 juillet), a été libérée des djihadistes en juin dernier après avoir été sous le feu d'une violente offensive de neuf mois.

Bagdad — Les frappes aériennes menées par la coalition américaine dans le cadre de la campagne contre le groupe armé État islamique (EI) en Irak et en Syrie ont coûté la vie à au moins 801 civils, selon un rapport du Pentagone rendu public jeudi.

Cinq frappes aériennes de plus ont été examinées en Syrie au cours du dernier mois, et elles auraient causé la mort de 15 civils, selon le document.

Des groupes de militants prétendent toutefois que le bilan réel des victimes civiles est nettement plus lourd que celui évoqué par le Pentagone.

L’organisation londonienne Airwars, qui compile un bilan civil des opérations contre le groupe EI, prétend que les frappes de la coalition ont fait plus de 5000 victimes civiles en Irak et en Syrie depuis août 2014.

Autres victimes possibles

La majorité des civils auraient été tués en Syrie. Le Pentagone dit examiner 695 autres victimes possibles, dont plus de 400 en Syrie.

Les forces syriennes soutenues par les États-Unis ont repris le contrôle de la ville de Raqqa des mains du groupe EI en octobre et ont chassé, dans les semaines suivantes, les combattants du groupe EI en dehors d’une bande de territoires le long de la vallée de l’Euphrate.

Chaque enquête ayant obtenu une allégation crédible a déterminé qu’il était « plus probable que non » que la frappe de la coalition soit responsable d’un décès civil, mentionne le rapport.

« Même si toutes les précautions possibles ont été prises et que la décision de frapper respecte toutes les lois sur les conflits armés, des décès civils non intentionnels ont malheureusement eu lieu », ajoute le Pentagone.

Les frappes aériennes de la coalition américaine sont reconnues pour alimenter les avancées des forces au sol irakiennes et syriennes contre le groupe EI. Depuis que les frappes aériennes de la coalition ont débuté en août 2014, les territoires contrôlés par le groupe EI ont été réduits à quelques poches de résistance dans le désert le long de la frontière entre l’Irak et la Syrie.

Trop de latitude

Mais des voix se sont élevées récemment contre la latitude élargie accordée par le président Donald Trump aux militaires pour mener leurs opérations aussi bien en Afghanistan qu’en Irak, Syrie ou Somalie.

« L’administration Trump a clairement élargi le champ de ce qui était un risque acceptable, que ce soit lors d’une attaque des forces spéciales ou lors d’un bombardement aérien. Ils sont plus agressifs », a ainsi déclaré jeudi le représentant démocrate Adam Smith.

« Il y a eu une hausse marquée du nombre d’offensives militaires depuis que Trump a pris ses fonctions » fin janvier, a ajouté M. Smith au cours d’une rencontre avec quelques journalistes, jeudi.

Selon une récente enquête du New York Times en Irak, 20 % des frappes aériennes menées par la coalition antidjihadiste dirigée par les États-Unis ont fait des victimes civiles, une proportion bien supérieure à celle de 0,35 % revendiquée par la coalition.

Avec l’Agence France-Presse