Accord russo-américain sur un cessez-le-feu dans le sud de la Syrie

Une attaque aérienne sur la ville rebelle d'Ayn Tarma, vendredi, dans la région de Ghouta, dans l'est de la Syrie.
Photo: Amer Almohibany Agence France-Presse Une attaque aérienne sur la ville rebelle d'Ayn Tarma, vendredi, dans la région de Ghouta, dans l'est de la Syrie.

Hambourg — Les États-Unis et la Russie ont conclu un accord de cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, entente qui a couronné la première rencontre entre le président Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine.

Ce sont les premiers efforts de la Russie pour mettre fin à la guerre civile syrienne depuis que Donald Trump est entré en fonction.

Le cessez-le-feu prendra effet dimanche midi — heure de Damas — selon des responsables américains et le gouvernement jordanien, lequel est aussi impliqué dans cet accord.

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, qui accompagnait M. Trump durant la rencontre, a dit que l’entente est conçue pour réduire la violence dans la région de la Syrie située près de la frontière jordanienne et qui est une zone cruciale pour la sécurité de l’allié des États-Unis — dans les provinces de Deraa, Qouneitra et Soueida.

Il s’agit d’un endroit « très compliqué du champ de bataille syrien », a dit M. Tillerson aux représentants de la presse après que les dirigeants russe et américain se soient entretenus pendant plus de deux heures en marge du sommet du G20 qui a lieu à Hambourg, en Allemagne.

Un premier pas

M. Tillerson a présenté l’accord comme un premier signe indiquant que « les États-Unis et la Russie sont capables de travailler ensemble en Syrie ».

Pendant des années, les anciens ennemis de la Guerre froide ont respectivement soutenu des groupes s’opposant dans la guerre en Syrie, qui dure depuis six ans.

Les ministres des Affaires étrangères des États-Unis et de la Russie, qui étaient présents lors de la rencontre, ont dit que la police militaire russe supervisera la trêve. Toutes les parties tenteront de s’assurer que l’aide humanitaire puisse être acheminée dans la région, a dit le ministre russe, Sergueï Lavrov.

Israël est en outre impliqué dans l’accord, selon l’information rapportée par un responsable américain qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat puisqu’il n’était pas autorisé à parler publiquement du dossier avant l’allocution de M. Tillerson.

L’accord survenu vendredi est indépendant de celui conclu plus tôt cette année entre la Russie, la Turquie et l’Iran.
 

Un haut diplomate américain du département d’État a toutefois reconnu qu’il ne s’agissait que d’« un premier pas d’un processus plus large » et que les États-Unis demeuraient « modestes » et « réalistes » dans leurs objectifs, compte tenu des échecs des cessez-le-feu précédents négociés par Washington et Moscou. Il a admis que « le contexte des relations entre les États-Unis et la Russie était difficile ». Mais « nous avons le sentiment et ils ont le sentiment que si nous voulons un règlement du conflit syrien il faut que nous soyons tous les deux impliqués ».

 

La guerre en Syrie, qui a fait plus de 320 000 morts, a été déclenchée en 2011 par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie, mais s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication de multiples acteurs sur un territoire de plus en plus morcelé.

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