Le recours au gaz sarin par Damas confirmé par l’OIAC

L’attaque du 4 avril 2017 avait fait 87 morts, dont de nombreux enfants, et avait été attribuée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad. Des manifestants syriens avaient dénoncé ce bombardement chimique quelques jours plus tard.
Photo: Omar Haj Kadour Agence France-Presse L’attaque du 4 avril 2017 avait fait 87 morts, dont de nombreux enfants, et avait été attribuée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad. Des manifestants syriens avaient dénoncé ce bombardement chimique quelques jours plus tard.

Moscou — Le rapport des experts de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), confirmant l’utilisation de gaz sarin lors de l’attaque du 4 avril en Syrie, se base sur des « données douteuses », a estimé vendredi la diplomatie russe.

En revanche, la diplomatie française a salué un rapport qui « conclut sans équivoque » à l’utilisation du « sarin, un neurotoxique de guerre ».

Selon le rapport publié vendredi de la mission d’enquête de l’OIAC, des « personnes ont été exposées au sarin, une arme chimique ».

« Je condamne fermement cette atrocité qui contredit totalement les normes de la Convention sur les armes chimiques », a déclaré le directeur général de l’OIAC, Ahmet Üzümcü, en appelant à « engager des poursuites » contre les auteurs de cette « horrible attaque ».

L’oeuvre du régime ?

Le résultat du rapport va maintenant servir de base à une commission mixte ONU-OIAC, qui devra dire si les forces du régime syrien sont responsables de ce bombardement chimique sur la localité de Khan Cheikhoun le 4 avril dernier.

« Nous sommes obligés de constater que ses conclusions sont toujours fondées sur des données très douteuses », a critiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, en assurant y voir des signes d’une « commande politique ».

Pour la diplomatie russe, ce rapport « pousse indirectement tout lecteur qui ignore toutes les circonstances de l’affaire à conclure que les forces gouvernementales syriennes sont responsables » de cette attaque.

Moscou espère que la commission mixte ONU-OIAC « fera preuve d’un haut professionnalisme et d’impartialité politique afin de trouver les vrais responsables de ce crime », souligne le communiqué.

Nombreuses victimes

L’attaque avait fait 87 morts, dont de nombreux enfants, et avait été attribuée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad. Ce dernier, soutenu par son allié russe, avait démenti en être à l’origine.

En riposte à cette attaque chimique, le président américain Donald Trump avait lancé une attaque de missiles Tomahawk dans la nuit du 6 au 7 avril sur la base syrienne d’Al-Chayraate.

Lundi, M. Trump a mis en garde le régime de Bachar al-Assad contre toute nouvelle utilisation de gaz dans la guerre qui déchire le pays.