Syrie: le groupe EI s’est totalement retiré de la province d’Alep

Le groupe armé État islamique «s'est complètement retiré de la province d'Alep», en Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
Photo: George Ourfalian Agence France-Presse Le groupe armé État islamique «s'est complètement retiré de la province d'Alep», en Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Beyrouth — Le groupe djihadiste État islamique (EI) s’est totalement retiré vendredi de la province septentrionale d’Alep, après en avoir été il y a quatre ans la force dominante, a affirmé à l’AFP l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Il s’agit d’un revers de taille pour cette organisation qui contrôlait fin 2014 la moitié de cette province qu’elle souhaitait conquérir entièrement.

« Daech s’est complètement retiré de la province d’Alep face à l’avancée des forces du régime », a dit le chef de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, en utilisant un acronyme en arabe du groupe EI. Ce retrait d’Alep a été confirmé de source militaire syrienne.

« Dans le sud-est de la province d’Alep, les forces du régime ont pris le contrôle jeudi soir d’une route », isolant les 17 derniers villages encore tenus par le groupe EI dans la zone et poussant les djihadistes à s’en retirer, a expliqué M. Abdel Rahmane.

Cette importante voie relie la province d’Hama, à l’ouest d’Alep, à celle de Raqa, à l’est de la province.

Le groupe EI a vu son pouvoir se rétrécir comme peau de chagrin tant en Syrie que dans l’Irak voisin, où il avait proclamé en 2014 un « califat ». Le groupe a perdu en trois ans 60 % des 90 000 km2 qu’il avait conquis, selon une étude du cabinet d’analyse IHS Markit publiée jeudi.

« Notre armée, en coopération avec les forces supplétives, a pris le contrôle de toute la région s’étendant de Rassafa, dans le sud de la province de Raqa, à Ithraya dans l’est de la province d’Hama. L’armée se prépare à prendre position dans le sud-est de la province d’Alep après la fuite des terroristes », a affirmé une source militaire citée par l’agence de presse officielle syrienne Sana.

Un colonel de l’armée syrienne présent dans la province d’Alep a confirmé à l’AFP « le retrait de Daech d’Alep », en soulignant que « l’armée syrienne nettoie la dernière portion de territoire ».

Le vent a tourné pour le groupe EI début 2015 dans cette province quand le groupe a échoué à s’emparer de Kobané, localité frontalière de la Turquie, après plus de quatre mois de combats contre les forces kurdes soutenues par une coalition internationale antidjihadiste.

Il va alors enchaîner les défaites dans cette province. Le 6 août 2016, les Forces démocratiques syriennes (FDS, une coalition arabo-kurde soutenue par Washington) s’emparent de la localité de Minbej, contrôlée depuis 2014 par le groupe EI.

Puis c’est au tour des rebelles appuyés par l’aviation et les chars turcs de prendre le 24 août Jarablos, également sur la frontière. Le 24 février 2017, les mêmes rebelles appuyées par l’armée turque ont repris la localité d’Al-Bab.

De son côté, l’armée syrienne avec l’appui russe a chassé le 4 juin 2017 le groupe EI de Maskana, dans l’est de la province d’Alep, après avoir mené une offensive de plusieurs mois en commençant par lever le siège de l’aéroport de Kweires, près d’Alep, en novembre 2015.

Aujourd’hui, toutes les forces locales et étrangères sont présentes dans la province d’Alep : les rebelles proturcs sont dans le nord ; à l’ouest se trouvent les rebelles islamistes alliés au groupe Fateh al-Cham (ex-branche d’Al-Qaïda) tandis que l’armée syrienne est positionnée dans la ville d’Alep ainsi que dans le sud et le sud-est de la province. Les FDS, elles, sont présentes dans le nord et à l’est de cette province.

Toutes ces forces sont soutenues par des puissances étrangères, qu’il s’agisse de la Turquie, de la Russie ou de la coalition internationale antidjihadiste menée par les États-Unis.