Le Fatah en tête dans les grandes villes

Un Palestinien exhibe son doigt taché d'encre, indiquant qu'il a voté.
Photo: Jaafar Ashtiyeh Agence France-Presse Un Palestinien exhibe son doigt taché d'encre, indiquant qu'il a voté.

Ramallah — Le Fatah du président Mahmoud Abbas est en tête dans la plupart des grandes villes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 50 ans par Israël, a indiqué dimanche la commission qui a supervisé les municipales de la veille dont Gaza était exclue.

Selon les chiffres officiels rendus publics dimanche en fin de journée, le taux de participation atteint 53,4 %. « C’est presque le même que lors des municipales de 2012 », a relevé le chef de la commission électorale, Hanna Nassir, lors d’une conférence de presse à Ramallah, le siège de l’Autorité palestinienne.

La participation était toutefois bien plus basse dans les grandes villes que dans les localités environnantes. Le taux le plus faible a été enregistré à Naplouse, la grande ville du nord de la Cisjordanie, où moins de 21 % des inscrits ont voté. À Ramallah, il était inférieur à 40 %.

La liste du Fatah est en tête dans le nord à Jénine, à l’est à Jéricho et dans le sud à Hébron, selon ces résultats, alors que plus de la moitié des 536 listes qui concouraient pour ces municipales n’étaient enregistrées sous l’étiquette d’aucun parti.

Tensions

À Hébron, ville où les tensions entre Palestiniens et colons israéliens sont les plus vives, la tête de liste, Tayssir Abou Sneineh, a déjà suscité des réactions hostiles du côté israélien. Condamné à la perpétuité par Israël, l’homme aujourd’hui âgé de 60 ans avait été libéré en 1983 dans le cadre d’un échange de prisonniers. Certains médias israéliens affirment qu’il a été impliqué dans le meurtre de plusieurs Israéliens.

Pas de candidat du Hamas

Le Hamas, grand rival islamiste du Fatah au pouvoir dans la bande de Gaza, ne présentait pas de candidat sous son étiquette et avait appelé à voter du bout des lèvres. Le plus important parti de la gauche, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), avait appelé au boycottage, refusant de participer à des élections alors que des centaines de détenus palestiniens mènent une grève de la faim dans les prisons israéliennes.

Aucun scrutin national ne s’est tenu dans les Territoires palestiniens depuis les législatives de 2006. M. Abbas, dont le mandat a expiré en 2009, est toujours président faute d’accord pour une présidentielle et le Parlement ne siège plus depuis 10 ans.

La non-participation de la bande de Gaza, avec ses deux millions d’habitants, scelle un nouvel échec des efforts de réconciliation interpalestiniens.