Syrie: l’assaut final contre Raqqa lancé «en début d’été»

Les Forces démocratiques syriennes, à la faveur d’une vaste offensive déclenchée en novembre 2016, ont réussi à chasser les djihadistes de plusieurs secteurs menant à la ville de Raqqa.
Photo: Forces Démocratiques Syriennes via Associated Press Les Forces démocratiques syriennes, à la faveur d’une vaste offensive déclenchée en novembre 2016, ont réussi à chasser les djihadistes de plusieurs secteurs menant à la ville de Raqqa.

Des combattants soutenus par les États-Unis en Syrie ont annoncé vendredi le lancement, probablement en juin, de l’assaut final contre Raqqa, principal fief du groupe djihadiste État islamique (EI), quelques jours après la promesse de Washington de leur livrer des armes.

L’annonce a été faite par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui, à la faveur d’une vaste offensive déclenchée en novembre 2016, ont réussi à chasser les djihadistes de plusieurs secteurs menant à la ville de Raqqa, située dans la province du même nom.

Leur dernière victoire a été la prise mercredi de Tabqa, une importante ligne de défense située à 55 km au sud-est de Raqqa, capitale de facto du groupe EI dans le nord du pays ravagé par la guerre depuis 2011.

« L’assaut contre Raqqa sera lancé en début d’été », a indiqué à l’AFP Rojda Felat, une commandante des FDS, une alliance composée de combattants kurdes et arabes soutenus par la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

Témoins de la violence

La conquête de Tabqa est intervenue au lendemain de l’annonce publique par les États-Unis de leur intention de fournir directement et pour la première fois des armes à la composante kurde des FDS, les Unités de protection du peuple kurde (YPG).

« Avec le début de l’assaut contre Raqqa […], nous allons recevoir, comme ils nous l’ont promis, les armes et les véhicules blindés », a indiqué Kahraman Hassan, commandant adjoint des FDS, en référence aux États-Unis.

« Jusqu’à présent, ces armesne nous sont pas parvenues. Nous pensons que nous allons les recevoir bientôt », a-t-il ajouté.

Vendredi, une équipe de l’AFP a pu entrer à l’intérieur du barrage de Tabqa, le plus grand de Syrie, conquis en même temps que la ville et situé un peu plus au nord.

Sacs de sable utilisés par les djihadistes lors des combats, véhicules détruits et grands trous laissés vraisemblablement par les frappes aériennes de la coalition y étaient visibles. Le cadavre d’un djihadiste présumé flottait sur les eaux du lac Assad, large réservoir artificiel sur l’Euphrate créé par le barrage.

Dans le centre-ville de Tabqa, de nombreux sacs de sable avaient été également installés devant les magasins dont plusieurs ont été détruits.

Dans la rue, des véhicules renversés témoignent de la violence de la bataille.

Sur des poteaux, des inscriptions en caractère noir laissées par les djihadistes : « Sachez que le paradis est atteint grâce au combat » ou « Préparez-vous à les combattre avec toutes vos forces ».

Les habitants de Tabqa commencent à regagner leur ville, mais Shahhour Zouair, 46 ans, affirme que la situation reste difficile.

Il y a deux mois, il avait fui avec ses six enfants et ses parents les combats qui faisaient rage autour de Tabqa. Il est revenu il y a deux jours après avoir entendu que la ville a été capturée par les FDS.

« Les civils reviennent mais il y a une pénurie d’eau, d’électricité, de pain et de produits alimentaires », dit-il, assis devant des sacs de sable.

Au plus près, les FDS sont désormais positionnées à 8 km de la ville de Raqqa, aux mains du groupe EI depuis 2014.

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