Plus de 1000 Palestiniens détenus par Israël en grève de la faim

Des rassemblements ont eu lieu dans la ville de Hébron en Cisjordanie pour offrir un soutien aux Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.
Photo: Hazem Bader Agence France-Presse Des rassemblements ont eu lieu dans la ville de Hébron en Cisjordanie pour offrir un soutien aux Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Plus d’un millier de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont entamé lundi une grève de la faim collective, un mouvement de protestation inédit depuis des années lancé par Marwan Barghouthi, leader de la deuxième Intifada condamné à la perpétuité.

Cette grève de la faim vise à « mettre fin aux abus » de l’administration pénitentiaire, a indiqué Marwan Barghouthi, figure de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison de Hadarim, dans le nord d’Israël.

En mesure de rétorsion, celui qui avait été un des animateurs les plus emblématiques du soulèvement contre Israël entre 2000 et 2005 a été placé à l’isolement, de même que plusieurs autres animateurs de la grève, a indiqué en fin de journée à l’AFP Qaddoura Farès, qui dirige le Club des prisonniers palestinien, l’ONG qui fait autorité dans les Territoires occupés sur la question des détenus.

L’administration pénitentiaire israélienne, elle, a fait état du transfert de M. Barghouthi de la prison de Hadarim vers celle de Jalame, sur la côte.

Dans de nombreuses villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, des milliers de manifestants ont défilé en solidarité avec les grévistes, tant la question des prisonniers incarcérés par l’État hébreu — actuellement 6500 — est centrale pour les Palestiniens.

Depuis 1967 et l’occupation par l’armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850 000 d’entre eux ont été emprisonnés par Israël, selon leurs dirigeants.

Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont menés au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.

Cette fois-ci, pour la première fois depuis des années, il a été décidé d’un mouvement collectif, pour porter « des demandes humanitaires prévues dans le droit international et reconnues comme faisant partie des droits de l’homme », a indiqué à l’AFP Fedwa Barghouthi, l’épouse de Marwan Barghouthi, lors d’une manifestation à Ramallah.

Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des « négligences médicales » et des mises à l’isolement, ainsi que l’accès à des chaînes télévisées et de la climatisation.

3 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 avril 2017 13 h 46

    Les "Droits de de l'Homme"existent-ils?

    Je souhaite les victoires de tous les "David" sur tous les" Goliath"de la planete.
    C'est-a-dire la paix.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 17 avril 2017 14 h 06

    Bref !

    « Cette grève de la faim vise à « mettre fin aux abus » de l’administration pénitentiaire, a indiqué Marwan Barghouthi » ; « Cette grève de la faim illimitée est lancée à l’occasion de « la journée des prisonniers », observée chaque année par les Palestiniens depuis plus de 40 ans. » (Hossam Ezzedine, AFP-Ramallah)

    De ces citations, une question :

    Nonobstant de ce qui est visé depuis environ une quarantaine d’année, cette grève est-elle justifiée quand on sait que le système judiciaire israélien repose sur le droit international ainsi que sur le respect des chartes !

    De ce point, et malgré quelques bévues toujours possibles, des bévues se retrouvant aussi ailleurs dans le monde (Madagascar, Mexique, USA, Roumanie, Russie, Iran … .), l’État d’Israël semble réussir là où plusieurs semblent échouer !

    Bref ! - 17 avril 2017 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 17 avril 2017 17 h 18

      "une question" : lire plutôt "ce questionnement" (nos excuses)