Kaboul jure que la mégabombe a épargné les civils

Le groupe EI a démenti toute perte, dans un communiqué publié par son agence Amaq.
Photo: Noorullah Shirzada Agence France-Presse Le groupe EI a démenti toute perte, dans un communiqué publié par son agence Amaq.

La plus puissante bombe américaine non nucléaire a détruit jeudi un fief montagneux du groupe État islamique dans l’est de l’Afghanistan, tuant au moins 36 de ses combattants, a indiqué vendredi le gouvernement afghan, écartant toute victime civile.

La bombe à effet de souffle massif (MOAB) GBU-43/B, surnommée « mère de toutes les bombes », a été utilisée pour la première fois au combat jeudi soir, contre des positions du groupe EI dans le district d’Achin, situé dans la province orientale de Nangarhar frontalière du Pakistan.

Cela pourrait entamer les capacités du groupe EI en Afghanistan, mais aussi constituer un avertissement pour les talibans, beaucoup plus nombreux, avant le début de leur offensive de printemps.

Le groupe EI a démenti toute perte, dans un communiqué publié par son agence Amaq.

L’explosion a résonné des kilomètres à la ronde et provoqué un grand embrasement dans cette zone isolée. Selon les autorités afghanes, elle a détruit un réseau de grottes et de tunnels sous-terrains qui avaient été minés pour contrer une attaque au sol.

Une vidéo publiée par l’armée américaine montre un panache de fumée s’élevant d’un terrain accidenté.

Une source proche des insurgés afghans a indiqué à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que des habitants avaient senti le sol bouger « comme lors d’un tremblement de terre ».

Selon une autre source proche des insurgés, entre 800 et 1000 combattants de du groupe EI se cachaient dans cette région frontalière du Pakistan.

La bombe a été larguée après une intensification des combats la semaine passée dans cette zone où les forces afghanes au sol, soutenues par les troupes américaines, peinaient à avancer.

Des experts en sécurité estiment que le groupe armé EI avait établi ses bases près d’habitations civiles, mais le gouvernement afghan a assuré que des milliers de familles avaient fui les lieux ces derniers mois.

Le président afghan, Ashraf Ghani, a indiqué que des précautions avaient été prises pour éviter des victimes civiles, et soutenu le bombardement, pourtant critiqué par d’autres dirigeants.

« Je trouve répréhensible et contre-productive l’utilisation sur notre sol de la plus grosse bombe non nucléaire », a estimé sur Twitter l’ambassadeur afghan au Pakistan, Omar Zakhilwal. « Si les grosses bombes offraient une solution, nous serions aujourd’hui l’endroit le plus sûr au monde. »

La province de Nangarhar est la première région d’implantation en Afghanistan du groupe EI, qui a progressé ces dernières années en Afghanistan, en recrutant notamment au sein des talibans afghans ou pakistanais.