Attaque chimique: les analyses turques confirment l’utilisation du sarin

Des résidants de Khan Cheikhoun montrent des photos de victimes de l'attaque au sarin qui a tué 87 de personnes.
Photo: Omar Haj Kadour Agence France-Presse Des résidants de Khan Cheikhoun montrent des photos de victimes de l'attaque au sarin qui a tué 87 de personnes.

Des analyses effectuées sur des blessés ont permis de confirmer que du sarin, un puissant agent neurotoxique, avait bien été utilisé lors d’une attaque qui a fait des dizaines de morts la semaine dernière en Syrie, a affirmé mardi le ministre turc de la Santé.

 

Après des analyses de sang et d’urine prélevés sur des blessés soignés en Turquie, « il a été établi que du gaz sarin avait été utilisé » lors de cette attaque dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré Recep Akdag, cité par l’agence de presse progouvernementale Anadolu.

 

Selon M. Akdag, la présence d’acide isopropyl méthylphosphonique, l’un des éléments qui « signent » l’utilisation du sarin, a notamment été relevée lors de ces tests.

 

La Turquie et plusieurs pays occidentaux ont désigné le régime de Bachar al-Assad comme le responsable de cette attaque présumée chimique à Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d’Idleb (nord-ouest de la Syrie), qui a fait 87 morts, dont des dizaines d’enfants.

 

Des médecins arrivés sur place après l’attaque avaient relevé des symptômes concordants avec l’utilisation d’un agent neurotoxique. Les images montraient des victimes agoniser par asphyxie, certaines d’entre elles avec de la mousse au coin des lèvres.

 

Au moins 31 personnes blessées lors de cette attaque survenue mardi dernier ont été soignées en Turquie, pays qui partage avec la Syrie une frontière longue de plus de 900 km.

 

Trois patients sont morts en Turquie, où leurs corps ont été autopsiés.

 

En août 2013, le régime avait été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque contre deux secteurs rebelles en périphérie de Damas qui avait fait des centaines de morts.

 

Le régime syrien et son principal soutien, la Russie, rejettent catégoriquement ces accusations.

 

En réaction à l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, les États-Unis ont bombardé une base aérienne de l’armée syrienne.

 

La Turquie, ancienne alliée du régime de Damas, soutient depuis 2011 l’opposition qui cherche à renverser Bachar al-Assad.

 

Le conflit syrien a fait en six ans plus de 320 000 morts et déplacé plus de la moitié de sa population.

 

 

1 commentaire
  • Renaud Guénette - Inscrit 11 avril 2017 16 h 23

    Plusieurs incongruités

    L'attentat a eu lieu à Khan Shaykhun, Syrie. La ville la plus proche en Turquie est Gaziantep.(Je ne sais pas si cette ville possède un hopital équipé pour poser un tel diagnostic) Il y a une distance de 219 kilomètres qui sépare ces deux villes. Comment a-t-on organisé le transport des victimes d'un fief rebelle à la Turquie. De plus, en suivant l'itinéraire le plus court, celles-ci aurait dû passer par Alep qui est une ville libérée et sous contrôle du gouvernement syrien. De plus, la Turquie est un commanditaire de ces mêmes rebelles pour renverser le gouvernement syrien suite au refus de la Syrie de laisser passer un pipeline sur son territoire. Alors, je me demande si cette déclaration du gouvernement turque n'est pas dirigée pour nuire à la Syrie.