Le monde réagit aux frappes américaines en Syrie

Le président russe, Vladimir Poutine
Photo: Ozan Kose Agence France-Presse Le président russe, Vladimir Poutine

Le président russe, Vladimir Poutine, considère les frappes américaines contre la Syrie comme une « agression contre un État souverain », a déclaré le Kremlin, principal allié du régime de Bachar al-Assad.

 

« Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable », a ajouté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Moscou a annoncé la suspension de l’accord avec Washington sur la prévention d’incidents aériens en Syrie, et réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
 

La présidence syrienne a quant à elle qualifié les frappes américaines d’acte « irresponsable » et « idiot ».

« Tout ce qu’a entrepris l’Amérique n’est qu’un acte idiot et irresponsable, et révèle sa vision à court terme [...] et son aveuglement sur les plans politique et militaire », a indiqué la présidence dans un communiqué.

Selon la présidence syrienne, les frappes américaines « renforcent la détermination de la Syrie à frapper ces agents terroristes [NDLR les insurgés], à continuer à les écraser et à accélérer la cadence, où qu’ils soient sur le territoire syrien ».
 

L’Iran, autre allié du régime syrien, a lui aussi « vigoureusement » condamné les frappes américaines. Cette attaque ne fera qu’« aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région », a affirmé Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. En outre, le régime iranien accuse les États-Unis d’utiliser de « fausses allégations » pour attaquer la Syrie.

La Chine a appelé à « éviter toute nouvelle détérioration de la situation » en Syrie, tout en condamnant « l’usage d’armes chimiques, par n’importe quel pays ».

Cette réaction mesurée est intervenue au moment même où l’agence officielle Chine nouvelle annonçait que le président Trump, qui a ordonné les frappes en Syrie lors d’un sommet en Floride avec son homologue chinois Xi Jinping, avait accepté de se rendre en visite en Chine en 2017.


Assad « responsable »

Le régime syrien porte « l’entière responsabilité » des frappes américaines, a affirmé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Le président de France, François Hollande, a estimé que la « réponse » des États-Unis devait « maintenant être poursuivie au niveau international, dans le cadre des Nations unies si c’est possible ».

Bachar al-Assad porte « l’entière responsabilité » des frappes américaines, ont estimé la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, et le président français dans un communiqué commun.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a estimé que ces frappes étaient un « signal » qui doit conduire Russes et Iraniens à comprendre qu’ils ne peuvent plus soutenir « à bout de bras » le régime de Bachar al-Assad. Son homologue allemand, Sigmar Gabriel, a estimé que les frappes étaient « compréhensibles », tout en appelant à une solution politique sous l’égide de l’ONU.

Londres a annoncé « soutenir pleinement l’action des États-Unis ». Ces frappes sont « une réponse appropriée à l’attaque barbare à l’arme chimique perpétrée par le régime syrien », a estimé un porte-parole de Downing Street.

Les frappes américaines en Syrie « illustrent une détermination nécessaire contre les attaques chimiques barbares », a affirmé le président du Conseil européen, Donald Tusk.

La Turquie considère que les frappes américaines sont une « réponse positive aux crimes de guerre du régime » syrien, selon le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan. Le président turc les juge néanmoins « insuffisantes ». Il est d’avis que d’autres mesures sont requises.

La Turquie a appelé à l’instauration d’une « zone d’exclusion aérienne et de zones de sécurité en Syrie » pour éviter la répétition de « massacres » comme l’attaque chimique présumée imputée au régime.

Autre allié de poids des États-Unis dans la région, l’Arabie saoudite a salué la décision « courageuse du président [Donald] Trump » et assuré qu’elle « soutenait pleinement » les frappes américaines, selon un responsable au ministère des Affaires étrangères.

Israël a immédiatement apporté son soutien « total » aux frappes américaines, espérant que « ce message de détermination » sera entendu également « à Téhéran, Pyongyang et ailleurs », selon le bureau du premier ministre Benjamin Nétanyahou.

Le Japon soutient la « détermination » des États-Unis, a également annoncé son premier ministre, Shinzo Abe, jugeant que l’action américaine avait « eu pour but d’éviter une aggravation de la situation ».


« Réponse motivée »

Le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, a estimé que les frappes américaines étaient « une réponse motivée à un crime de guerre » et qu’elles devraient « non pas empêcher, mais au contraire accélérer la recherche d’une solution négociée durable ».

Lars Løkke Rasmussen, le premier ministre du Danemark, a applaudi sans réserve sur Twitter : « C’est bien que ces attaques lâches contre des innocents aient des conséquences […] La barbarie d’Assad ne peut être impunie ! »

L’Autriche, pays neutre, a indiqué « comprendre les motivations américaines », selon son ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, tout en souhaitant un recours à l’ONU.

Le président de Pologne, Andrzej Duda, a exprimé « son entier soutien à l’opération militaire menée par l’armée américaine en Syrie ». « Le monde civilisé ne pouvait rester indifférent devant cette attaque insondable et barbare », a-t-il dit.

Le premier ministre tchèque Bohuslav Sobothis a estimé sur Twitter que « l’usage d’armes chimiques est un crime inacceptable. Espérons que la réaction rapide du président Trump aidera à prévenir de nouvelles attaques chimiques en Syrie ».

3 commentaires
  • Louise Nepveu - Abonnée 7 avril 2017 10 h 38

    Inacceptable

    De quel droit, M. Trudeau, appuyez-vous l'action militaire de Trump sans consultation du parlement et sans l'aval de l'ONU? Il faut évidemment aider les victimes syriennes, personne ne le conteste mais la question n'est pas là. Vous n'avez tout simplement pas la légitimité de parler au nom des Canadiens sans les avoir consultés.

  • Claude Vallières - Inscrit 7 avril 2017 11 h 18

    autant en emporte le vent

    hier Trudeau toute sa confiance dans le Conseil de sécurité afin de règler la crise en Syrie

  • Pierre Fortin - Abonné 7 avril 2017 13 h 25

    Honteuse diplomatie


    « Le Canada appuie pleinement l’intervention limitée et ciblée que les États-Unis ont menée pour affaiblir la capacité du régime Assad de perpétrer des attaques aux armes chimiques contre des civils innocents, dont de nombreux enfants. » nous dit Justin Trudeau en ajoutant que « Le Canada continuera de soutenir les efforts diplomatiques en vue de résoudre la crise en Syrie. » Que propose-t-il pour réaliser cette noble intention ?

    Le Premier ministre sait-il qu'n voulant venger les enfants gazés mardi Donald Trump en a tué quatre de plus avec ses Tomahawcks qui ont aussi fait cinq autres victimes.

    George W. Bush a eu besoin de fausses preuves pour justifier sa destruction de l'irak. Cette fois, Donald Trump n'a eu besoin d'aucun casus belli. On se demande encore si ce n'est pas une saute d'humeur qui a emporté sa décision.

    L'horreur de l'atroce agonie des Syriens de khan Cheikhoun, qui semble avoir ému Donald Trump au point de le voir modifier sa politique à l'égard de la Syrie, ne devrait en aucun cas servir à la récupération politique.

    Si on a un devoir envers les victimes, c'est que justice leur soit rendue et pour cela, il nous faut d'abord la vérité. Espérons seulement que les résultats de l'enquête ne seront pas mis sous scellé pour les 60 prochaines années comme ce fut le cas pour l'Irak.