Le groupe EI «pris au piège» à Mossoul

Des unités d’intervention rapide et la police fédérale attaquaient dimanche plusieurs zones de Mossoul.
Photo: Ahmad Al-Rubaye Agence France-Presse Des unités d’intervention rapide et la police fédérale attaquaient dimanche plusieurs zones de Mossoul.

Les forces irakiennes ont coupé tous les accès routiers à Mossoul-Ouest, piégeant ainsi les combattants du groupe État islamique (EI) dans leur dernier grand bastion en Irak, selon l’envoyé spécial américain auprès de la coalition antidjihadiste.

« Le groupe EI est pris au piège. Dans la nuit, la 9e division blindée de l’armée irakienne, basée près de Badouch au nord-ouest de Mossoul, a coupé le dernier accès routier » de la deuxième ville du pays, a affirmé dimanche Brett McGurk à des journalistes à Bagdad. « Tous les combattants qui se trouvent à Mossoul vont y mourir », a-t-il ajouté.

Des responsables américains ont récemment évalué à 2500 le nombre de djihadistes présents dans l’ouest de Mossoul et dans la ville de Tal-Afar, à l’ouest.

La ville septentrionale avait été conquise en juin 2014 par le groupe ultraradical sunnite au cours d’une offensive éclair qui lui avait permis de s’emparer de vastes pans du territoire irakien à l’ouest et au nord de Bagdad

Mais le groupe EI a depuis perdu 60 % de l’ensemble de ces territoires, selon M. McGurk.

Les forces irakiennes ont également repris au groupe EI « plus d’un tiers » de la partie ouest de Mossoul depuis le lancement le 19 février de l’offensive sur ce secteur de la ville, a indiqué à l’AFP le général Maan al-Saadi, des forces d’élite du contre-terrorisme (CTS).

Combats acharnés à prévoir

La bataille pour Mossoul-Ouest est la seconde grande phase de l’opération lancée le 17 octobre par les forces irakiennes, qui, appuyées par la coalition internationale sous commandement américain, avaient annoncé fin janvier la « libération » de la partie orientale.

Mais si la résistance djihadiste faiblit, les responsables militaires préviennent que des combats acharnés sont encore à venir pour reconquérir la totalité de Mossoul.

« Nous combattons un ennemi aux méthodes irrégulières, qui se cache au milieu des citoyens et utilise des engins explosifs, des tireurs embusqués et des kamikazes. Or l’opération vise justement à préserver la vie des citoyens », a expliqué à l’AFP le général Yahya Rasool, porte-parole du commandement des opérations conjointes.

Cette résistance devrait être particulièrement forte dans la vieille ville, un quartier aux rues étroites où des centaines de milliers de civils sont toujours pris au piège.

Des unités d’intervention rapide et la police fédérale attaquaient dimanche la zone de Bab al-Toub, près de la vieille ville, tandis que les CTS combattaient dans le quartier d’al-Jadida et celui d’al-Aghawat qu’ils ont repris dans la journée, selon le général Rasool.

Mais cette progression demeure laborieuse. Car « nous ne pouvons pas laisser des poches [de djihadistes] derrière nous. Il nous faut donc prendre le contrôle des zones, traquer les djihadistes, désamorcer [les bombes], contrôler les citoyens présents avant de pouvoir poursuivre notre progression », explique le général Saadi.

Attentat en Syrie

Dans la Syrie voisine, le groupe EI est également en recul, en particulier autour de son fief de Raqqa, dans le nord.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a indiqué que « d’intenses combats » s’étaient poursuivis dimanche entre les djihadistes et les Forces démocratiques syriennes (FDS) — une alliance de combattants kurdes et arabes appuyée par Washington —, qui étaient parvenus à couper les principaux axes de communication de la ville avec l’extérieur, ouvrant la voie à l’assaut final.

Dix-neuf personnes, dont huit civils, ont été tuées par des frappes aériennes, vraisemblablement de la coalition internationale sous commandement américain, à quelque 4 km au sud de Raqqa, selon l’OSDH.

Les FDS ont pris dimanche cinq nouveaux villages à l’est de Raqqa, indique l’OSDH, selon qui la situation humanitaire empire de jour en jour pour les civils des localités de la région qui restent aux mains du groupe EI.

Outre les FDS, deux autres forces sont actuellement engagées contre le groupe EI dans le nord de la Syrie : les troupes turques et leurs alliés rebelles syriens et les forces du régime appuyées par la Russie.

À Damas, le principal groupe djihadiste rival de l’organisation EI, le Front Fateh al-Cham, ex-al-Qaïda en Syrie, a revendiqué dimanche le double attentat ayant fait la veille 74 morts dont de nombreux pèlerins chiites dans la vieille ville de Damas. Le groupe djihadiste sunnite affirme que cette attaque est « un message à l’Iran et à ses milices », en référence notamment au soutien que fournissent l’Iran et le Hezbollah libanais au régime de Damas.