Nétanyahou décidé à faire voter une loi sur les colonies

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou
Photo: Abir Sultan / Pool / Associated Press Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou

Jérusalem — Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a affirmé dimanche qu’il était décidé à faire avancer lundi au Parlement l’adoption d’un projet de loi sur la légalisation de logements construits en Cisjordanie occupée sur des terres privées palestiniennes.

Benjamin Nétanyahou a donné un coup d’accélérateur à la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est annexée depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump, dont il espère le soutien lors d’une rencontre prévue en février à Washington.

Ce texte évoqué par M. Nétanyahou a été adopté en lecture préliminaire en novembre. Il concerne entre 2000 à 3000 logements en Cisjordanie. Il doit encore être voté lors de trois lectures par le Parlement avant d’avoir force de loi.

« [Lundi] nous allons présenter à la Knesset cette loi qui va permettre de régulariser une fois pour toute les implantations en Judée-Samarie [Cisjordanie] et empêcher les tentatives répétées de porter atteinte aux implantations », a affirmé M. Nétanyahou lors du conseil des ministres dimanche, selon un communiqué de son bureau.

Le texte doit notamment légaliser les colonies sauvages, ces implantations illégales non seulement aux yeux de la communauté internationale mais aussi de la loi israélienne.

Le projet de loi vise également à satisfaire et compenser le lobby des colons en prévision de l’évacuation de la colonie emblématique d’Amona en Cisjordanie construite sur des terres privées palestiniennes. Le gouvernement est tenu par une décision de la Cour suprême de démolir d’ici le 8 février cette colonie où résident une quarantaine de familles.

Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales quels que soient leurs statuts juridiques du point de vue israélien. Il existe parmi elles une centaine de colonies « sauvages », c’est-à-dire n’ayant pas obtenu toutes les autorisations nécessaires des autorités israéliennes.

Dans le passé, les dirigeants israéliens s’étaient engagés auprès des États-Unis à les démanteler. Mais cette promesse est restée lettre morte.

Selon les médias, le conseiller juridique du gouvernement, qui fait office de procureur général, Avichai Mandelblit, a mis en garde sur la possibilité que des appels soient présentés auprès de la Cour pénale internationale (CPI) si ce projet de loi était définitivement adopté.

Environ 40 000 colons israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie.

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 30 janvier 2017 12 h 58

    La soi-disant communauté internationale

    Cette "communauté" dit que ce n'est pas gentil, puis c'est en fini. Même pas une tape sur les doigts, le gros cousin costaud à Washignton veille au grain. Mais à toujours compter sur le cousin, Israël ne risque-elle pas de se retrouver isolée un jour?