Relance de la colonisation juive à Jérusalem-Est

Des travailleurs palestiniens s’affairaient sur le chantier d’un projet immobilier dans une colonie israélienne, dimanche. La mairie israélienne de Jérusalem prévoit construire des centaines d’autres logements dans des quartiers de colonisation.
Photo: Menahem Kahana Agence France-Presse Des travailleurs palestiniens s’affairaient sur le chantier d’un projet immobilier dans une colonie israélienne, dimanche. La mairie israélienne de Jérusalem prévoit construire des centaines d’autres logements dans des quartiers de colonisation.

Jérusalem — Israël a relancé dimanche la colonisation avec la construction de centaines de logements à Jérusalem-Est, quelques heures avant un entretien téléphonique entre Benjamin Nétanyahou et Donald Trump qui a invité le premier ministre israélien à Washington en février.

Cette conversation téléphonique était la première entre les deux hommes depuis l’intronisation du nouveau président américain.

Dans un communiqué, le bureau du premier ministre a précisé que la date finale de la visite de M. Nétanyahou à Washington « sera fixée dans les jours qui la précéderont ».

MM. Trump et Nétanyahou « sont tombés d’accord pour continuer à échanger leurs points de vue sur une série de questions régionales, notamment les menaces que constitue l’Iran », a de son côté déclaré la Maison-Blanche, donnant la première indication d’un durcissement de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de Téhéran. Ils ont en outre convenus qu’une paix israélo-palestinienne ne pouvait être que « négociée directement », a-t-elle ajouté.

Après s’être félicités de l’arrivée à la Maison-Blanche de M. Trump à la suite de relations difficiles avec le gouvernement de Barack Obama, les responsables israéliens ont annoncé la relance des activités de colonisation.

« Les règles du jeu ont changé avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Nous n’avons plus les mains liées comme du temps de Barack Obama », critique de la politique de colonisation, a précisé Meïr Turjeman, l’adjoint au maire de la Ville sainte.

La mairie israélienne de Jérusalem a ainsi annoncé son feu vert définitif à la construction de 566 logements dans les quartiers de colonisation de Pisgat Zeev, Ramot et Ramat Shlomo à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël.

« Nous avons des plans pour la construction de 11 000 logements qui attendent des autorisations » à Jérusalem-Est, a-t-il ajouté.

« Des années difficiles »

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a précisé dans un communiqué que 105 logements seraient également construits dans les quartiers palestiniens, se félicitant de la fin des « huit années difficiles avec Obama ».

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a condamné dans un communiqué ces projets de colonisation, en appelant l’ONU à agir pour « stopper le gouvernement extrémiste israélien qui détruit toute possibilité de parvenir à une solution à deux États ».

Pour la communauté internationale, toutes les colonies israéliennes sont illégales.

Lors de son entretien avec le président américain, M. Nétanyahou « a exprimé son désir de travailler étroitement avec le président Trump pour forger une vision commune afin de faire avancer la paix et la sécurité dans la région », selon son bureau.

Selon M. Nétanyahou « la priorité de l’État d’Israël est de lever la menace que fait peser le mauvais accord nucléaire conclu par l’Iran » et les grandes puissances, dont les États-Unis en 2015.

M. Obama a joué un rôle majeur dans la conclusion de cet accord, alors que M. Trump l’avait, durant sa campagne, qualifié « d’un des pires ».

Rompant avec la politique historique des États-Unis, Donald Trump a en outre promis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade américaine, au grand dam des Palestiniens et de la grande majorité de la communauté internationale.

Mais dimanche la Maison-Blanche a semblé écarter l’hypothèse d’une annonce imminente sur un tel transfert. « Nous en sommes au tout début du processus consistant ne serait-ce qu’à aborder ce sujet », selon le porte-parole Sean Spicer.

5 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 22 janvier 2017 16 h 38

    Honte à Israël!

    Honte à Israël et à ceux de ses citoyens qui soutiennent cet Apartheid systémique!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 22 janvier 2017 18 h 15

    Bref !

    « (…), nous allons maintenant continuer à construire et développer Jérusalem pour le bien-être de ses résidents, juifs et arabes, afin de renforcer la souveraineté de Jérusalem unifiée comme capitale d’Israël » (Nir Barkat, maire de Jérusalem)

    De cette citation, ce souhait :

    De cette relance, il est à espérer que la résistance, si elle existe, soit docile aux aspirations de Jérusalem et qu’Israël continue ce dont il en est capable de respect et de sagesse !

    Bref ! - 22 jan 2017 -

    • Gilles Théberge - Abonné 23 janvier 2017 11 h 19

      Ha ha ha, une "résistance docile"...

      Un nouveau concept ça Marcel ?

      Tu est impayable, ha ha ha!

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 janvier 2017 15 h 27

      « Un nouveau concept ça Marcel ? » (Gilles Théberge)

      Nouveau ou selon ?, ce concept (résistance docile), pour des motifs de paix intercommunautaires possibles et dans le cadre de souhaits affirmés dans ce texte, vise tout simplement ses adhérents à utiliser, s’ils le jugent à propos, des moyens légalement « valables » s’ils désirent contester la « relance » par Israël de sa construction légitimée en droit de Jérusalem-Est !

      En ce sens, et dans le respect de tous et chacun, vaut mieux une telle résistance qu’un appel à des lancements de pierres et des grincements inutiles de …

      … dents ! - 23 jan 2017 -

  • Michel Lebel - Abonné 22 janvier 2017 20 h 26

    Deux grossiers personnages!

    Nétanyahou-Trump: même combat, celui en faveur de la bêtise. Jours sombres à venir.

    M.L.