Lutter contre le groupe EI est crucial pour protéger la France, martèle Hollande

Le président français, François Hollande, a effectué une visite à proximité du théâtre des affrontements armés.
Photo: Christophe Ena Agence France-Presse Le président français, François Hollande, a effectué une visite à proximité du théâtre des affrontements armés.

La lutte en Irak contre le groupe armé État islamique (EI) est cruciale pour « prévenir des actes terroristes » en France, a affirmé lundi à Bagdad le président français, François Hollande, au moment où un nouvel attentat ensanglantait la capitale irakienne.

Malgré cette attaque meurtrière du groupe EI, qui a également affirmé être derrière la fusillade ayant fait 39 morts à Istanbul la nuit du Nouvel An, M. Hollande a prédit que 2017 serait « une année de victoire contre le terrorisme ».

La lutte contre les djihadistes est au coeur de la visite en Irak du président français, à ce jour le seul dirigeant majeur de la coalition internationale anti-EI à s’être rendu dans ce pays depuis le lancement de cette coalition il y a deux ans et demi.

Il l’effectue cinq mois avant la fin de son mandat, au cours duquel il a enchaîné les interventions militaires à un rythme plus effréné qu’aucun autre président français avant lui. Ces dernières font partie des rares actions de son quinquennat à avoir été relativement épargnées par les critiques.

Quelques heures après son arrivée à Bagdad, au moins 32 personnes ont péri et 61 ont été blessées dans un attentat suicide à la voiture piégée revendiqué par le groupe EI dans un quartier à majorité chiite de la capitale irakienne. Le groupe sunnite extrémiste vise régulièrement dans la capitale les musulmans chiites qu’il considère comme des « hérétiques ».

Plus tard dans la soirée, des jihadistes du groupe EI ont attaqué un commissariat de police à Samarra au nord de la capitale, provoquant une fusillade avec les forces de sécurité.

Protéger la France

« Agir contre le terrorisme ici en Irak, c’est aussi prévenir des actes terroristes sur notre propre sol », a martelé M. Hollande devant des instructeurs militaires français qui forment les troupes d’élite du contre-terrorisme (CTS) irakien engagées dans la lutte contre le groupe EI.

Si l’Irak, le pays où s’est développé le groupe terroriste, est régulièrement frappé par des attentats jihadistes contre des civils, la France a également été touchée, notamment à Paris et à Nice.

Pour prévenir de nouvelles attaques, M. Hollande a souhaité que les étrangers partis combattre dans les rangs du groupe EI « puissent être mis hors d’état de nuire ». Ces combattants doivent être appréhendés à leur retour en France avant un processus de déradicalisation, a-t-il souligné à Bagdad, où il a rencontré son homologue irakien, Fouad Massoum, puis le premier ministre Haider al-Abadi.

La France est le deuxième contributeur de la coalition internationale agissant contre le groupe EI, derrière les États-Unis et devant la Grande-Bretagne ou l’Australie.

Outre 14 avions de chasse Rafale, environ 500 soldats français assurent des missions de conseil, de formation et d’appui d’artillerie aux forces engagées pour reprendre aux djihadistes leur fief de Mossoul. Ils ne participent toutefois pas directement aux combats au sol.

Lancée le 17 octobre, la bataille de Mossoul, deuxième ville d’Irak, mobilise à l’heure actuelle le gros des troupes irakiennes engagées dans la lutte antidjihadiste. Mais, en dépit du soutien des frappes aériennes de la coalition, elles font face à une forte résistance des djihadistes.

Pour autant, le président français et ses partenaires irakiens ont avancé de nouvelles échéances. La bataille de Mossoul pourrait s’achever « au printemps, en tout cas avant l’été », a estimé M. Hollande. Le premier ministre irakien avait, lui, jugé la semaine dernière que « trois mois » étaient encore nécessaires pour « éliminer le groupe EI ».

Sur le terrain

Si Mossoul est le dernier bastion des djihadistes en Irak, ils conservent encore intégralement la ville syrienne de Raqqa, qui sera « le prochain objectif », selon M. Hollande. « Ce sera long, mais ce sera victorieux ».

Une alliance de forces arabo-kurdes soutenue par la coalition internationale s’est déjà rapprochée de cette ville du nord de la Syrie.

Après Bagdad, le président français s’est rendu à Erbil, au Kurdistan irakien, où il s’est entretenu avec le président de cette région autonome, Massoud Barzani. C’est au Kurdistan que sont stationnées les forces spéciales françaises qui conseillent les combattants kurdes irakiens (peshmergas) engagés dans la bataille de Mossoul.

Pour évaluer les progrès des peshmergas, MM. Hollande et Barzani se sont rendus sur une fortification à environ 15 km des positions du groupe EI, retranché à Mossoul. Le président français a ensuite quitté l’Irak dans la soirée.

1 commentaire
  • Cécile Comeau - Abonnée 3 janvier 2017 04 h 35

    Il en fait pitié

    Misère. Hollande ne sait vraiment plus comment sauver la mise sur une table de poker dont il a perdu la main depuis longtemps. L’a-t-il seulement déjà eu, cette main? Il y a plus de 10 000 fichés S en France et il parle de lutter contre l'État islamique à l'étranger, alors qu'il a laissé ces fichés S libres comme l'air. Triste à pleurer. Son multiculturalisme devenu religion d'État au détriment des principes élémentaires de la laïcité et son tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ne suffisent plus à masquer l’évidence que les islamistes sont déjà sur la terre de France depuis fort longtemps et qu’il leur a donné le temps de mieux s’organiser en ne voulant pas nuire au communautarisme aveugle, à la peur de se faire traiter de raciste, de xénophobe ou d’islamophobe, un péché capital à notre époque. La peur, aussi, de perdre des votes précieux pour l’élection des candidats de son parti, le PS, des élections municipales à la présidentielle. Sarko et Fillon, son premier ministre, n’ont pas fait mieux non plus avant Hollande. Quel choix reste-t-il à la France, je me le demande ?

    Il y a des centaines de lieux de non-droit en France où la police n’ose même plus s’aventurer pour arrêter un contrevenant à un délit mineur à moins d’avoir une logistique d’opération de commandos. Le soir de la Saint-Sylvestre, les lignes d’autobus desservant les quartiers de non-droit de Paris ont cessé de fonctionner vers 17 ou 18 heures, comme en 2015 d’ailleurs, afin d’éviter que les voyous ne descendent aux endroits des festivités officielles et ne causent des violences aux personnes réunies par centaines de milliers pour fêter l’arrivée de 2017. Pendant que les gens se réjouissaient en sécurité relative, les forces de l’ordre ayant été mobilisées pour cet événement, 945 voitures flambaient en France. Avant de combattre l’ÉI à l’étranger, Hollande eut mieux fait de le combattre d’abord en France. Oui, il fait pitié à voir. Et la France, elle ? Triste à pleurer.