«C’est une lente descente aux enfers»

Des habitants continuent de fuir massivement la ville d'Alep.
Photo: George Ourfalian Agence France-Presse Des habitants continuent de fuir massivement la ville d'Alep.

Alep — L’ONU a condamné mardi la « descente aux enfers » vécue par les civils à Alep-Est, où des milliers d’entre eux fuient les combats et les bombardements au fur et à mesure de l’avancée des forces du régime syrien face à des rebelles aux abois.

Alors que le régime de Bachar al-Assad semble proche de sa plus grande victoire depuis le début du conflit en 2011, une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU réclamée par Paris doit se tenir mercredi à New York.

L’armée syrienne et les milices qui la soutiennent se sont emparées de plus de 30 % du territoire rebelle ces trois derniers jours dans la deuxième ville du pays, principal enjeu du conflit qui a fait plus de 300 000 morts en plus de cinq ans.

Cette avancée rapide a provoqué la fuite d’Alep-Est, aux mains des rebelles, de près de 20 000 personnes ces dernières 72 heures, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Cet exode se poursuivait mardi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a fait état de combats dans plusieurs quartiers. Dix civils ont été tués par un bombardement dans l’un d’entre eux.

Selon l’ONU, 10 000 habitants ont rejoint Alep-Ouest, contrôlé par le régime, tandis que 4000 à 6000 ont trouvé refuge dans un quartier nord aux mains des forces kurdes.

Des milliers d’autres familles fuient vers les quartiers méridionaux d’Alep-Est toujours contrôlés par les rebelles mais doivent affronter le froid et la faim, selon un correspondant de l’AFP.

Catastrophe humanitaire

La situation est « alarmante et effrayante », a résumé M. O’Brien. Car, en plus de « l’intensification des combats au sol et les bombardements aériens aveugles », plus aucun hôpital ne fonctionne et « les stocks alimentaires sont pratiquement épuisés ».

« C’est une lente descente aux enfers », a renchéri Bettina Luescher, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Face à cette « catastrophe humanitaire », la France a demandé que le Conseil de sécurité se réunisse « immédiatement » pour permettre notamment un accès sans entrave de l’aide humanitaire.

L’armée syrienne a lancé le 15 novembre une nouvelle offensive sur Alep-Est qui a brisé les défenses rebelles, incapables de résister à la puissance de feu déployée par Damas et ses alliés étrangers.

L’offensive du régime a provoqué la mort de plus de 250 civils en près de quinze jours à Alep-Est, selon l’OSDH. Les rebelles ont parallèlement tué au moins 40 civils en bombardant les zones gouvernementales d’Alep-Ouest.

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