Israël : la droite est aux anges

Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou
Photo: Abir Sultan Associated Press Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou

La droite au pouvoir en Israël s’est précipitée mercredi pour saluer la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, qu’elle voit comme une formidable aubaine, un ministre y voyant même l’arrêt de mort de l’idée d’un État palestinien.

L’Autorité palestinienne, qui siège en Cisjordanie occupée par Israël, s’est quant à elle contentée de féliciter le vainqueur et de le presser, sans le moindre enthousiasme, de réaliser l’historique aspiration des Palestiniens à un État indépendant.

Les Palestiniens ont des raisons de s’inquiéter, même si, soulignent les analystes, les véritables intentions de M. Trump face à l’un des plus vieux conflits de la planète sont obscures.

Après avoir semé le trouble en déclarant sa volonté de rester « le gars neutre » face à ce qui est aussi selon lui l’un des conflits les plus compliqués à résoudre, M. Trump a proclamé un soutien inébranlable à Israël, se présentant en mars comme « un supporteur de toujours et un véritable ami d’Israël ».

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a repris exactement ces mots pour féliciter « un véritable ami de l’État d’Israël ».

Invitation

Il s’est entretenu mercredi en début de soirée avec Donald Trump, selon un communiqué de son bureau. « Le premier ministre lui a dit que les États-Unis n’avaient pas de meilleur allié qu’Israël », a ajouté le communiqué en indiquant que Donald Trump avait invité Benjamin Netanyahu pour une rencontre aux États-Unis « à la première occasion ».

« Je suis impatient de travailler avec lui en faveur de la sécurité, la stabilité et la paix dans notre région », avait auparavant affirmé M. Netanyahu, qui voit s’approcher la fin de huit années de relations difficiles avec l’actuel occupant de la Maison Blanche, Barack Obama.

M. Netanyahu ne fait aucune référence explicite au conflit israélo-palestinien, ni à la promesse de M. Trump de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Ses alliés dans l’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël ne s’en sont pas privés.

Pour le ministre israélien de l’Éducation, Naftali Bennett, chef de file du lobby colon et partenaire essentiel de la coalition gouvernementale, « la victoire de Trump offre à Israël la chance de renoncer immédiatement à l’idée de la création d’un État palestinien ».

« Telle est la position du président élu » Donald Trump et « telle devrait être notre politique, tout simplement […] L’époque de l’État palestinien est révolue », a-t-il ajouté.

M. Netanyahu soutient officiellement la solution dite à deux États, c’est-à-dire la création d’un État palestinien coexistant en paix avec Israël. Cette solution est la référence des grands plans de paix internationaux.

Effort de paix moribond

La perspective d’un État palestinien a rarement paru plus distante. L’effort de paix est moribond depuis l’échec d’une initiative américaine en avril 2014.

Le maire israélien de Jérusalem Nir Barkat, la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely et la ministre de la Justice Ayelet Shaked ont tous appelé M. Trump à tenir sa promesse controversée de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Un tel transfert romprait avec la politique historique des États-Unis et avec la communauté internationale : le statut de Jérusalem reste une des querelles les plus centrales du conflit et les États-Unis ne reconnaissent pas Jérusalem comme la capitale d’Israël. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, partie de la ville occupée et annexée par Israël, la capitale de leur futur État.

L’élection de M. Trump « symbolise un avenir fait de nouvelles opportunités » pour Israël, a estimé Mme Hotovely, membre du parti de M. Netanyahu : le transfert de l’ambassade serait « le meilleur départ que pourraient prendre les relations » entre les deux gouvernements.

La présidence palestinienne, elle, est prête « à travailler avec le président élu sur la base d’une solution à deux États afin d’établir un État palestinien sur les frontières de 1967 », a déclaré à l’AFP son porte-parole, Nabil Abou Roudeina.

« L’instabilité continuera dans la région et dans le monde si on n’apporte pas une solution à la question palestinienne », a-t-il ajouté.

Cependant, les Territoires palestiniens demeurent occupés et divisés. Le mouvement islamiste Hamas, qui gouverne sans partage la bande de Gaza, a dit s’attendre au même parti pris antipalestinien de la part des États-Unis sous Donald Trump que sous ses prédécesseurs.

1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 novembre 2016 14 h 28

    Yahou !

    « M. Trump a proclamé un soutien inébranlable à Israël, se présentant en mars comme « un supporteur de toujours et un véritable ami d’Israël ». » (AFP)

    De ce soutien, indéfectible, il est à espérer que Donald soit en mesure de modifier ce dont la présidence d’Obama a inquiété Israël !

    Yahou ! - 10 nov 2016 -