Un règlement «dans les prochaines semaines» souhaité par l’ONU

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a annoncé qu'il allait reprendre les négociations.
Photo: Mohammed Huwais Agence France-Presse L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a annoncé qu'il allait reprendre les négociations.

Nations unies, New York — Le médiateur de l’ONU pour le Yémen Ismail Ould Cheikh Ahmed a annoncé lundi qu’il allait reprendre des consultations après le rejet de son plan de paix par les belligérants et qu’il espérait « un règlement complet dans les prochaines semaines ».

Il a indiqué au Conseil de sécurité qu’il allait « retourner immédiatement dans la région pour entamer des consultations avec les deux parties à Sanaa et Riyad dans le but de parvenir à un accord détaillé fondé sur la feuille de route » qu’il a présentée aux deux camps.

Il a exprimé l’espoir « de parvenir à un règlement complet dans les prochaines semaines si les parties dialoguent de bonne foi » et font des concessions. Il a reconnu « avoir été informé, de manière officieuse, que les parties avaient rejeté la feuille de route », mais s’est prévalu d’un « large soutien de la communauté internationale » à ses propositions.

Celles-ci, a-t-il précisé, incluent « la création de comités militaires et de sécurité qui superviseraient les retraits et le dépôt des armes à Sanaa, Hodeidah et Taez », ainsi que « des arrangements politiques intérimaires », notamment la nomination d’un nouveau vice-président et la formation d’un « gouvernement d’union nationale » menant finalement à des élections. Cette feuille de route est, selon le médiateur, « conforme à la résolution 2216 de 2015 », ce que conteste le gouvernement yéménite.

Samedi, le président Abd Rabbo Mansour Hadi a rejeté en bloc la feuille de route, selon une source présidentielle, estimant qu’elle était « injuste, car elle constitue une dérogation explicite à la résolution 2216 ».

Cette résolution prévoit le retrait des rebelles chiites Houthis des territoires qu’ils ont conquis depuis 2014, dont la capitale Sanaa, et la restitution des armes lourdes. De leur côté, les Houthis exigent un arrêt des raids aériens que mène la coalition militaire arabe conduite par Riyad depuis son intervention au Yémen en mars 2015 et la formation d’un gouvernement d’union nationale en vue d’un règlement politique.

Le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a dressé lundi un sombre tableau de la situation humanitaire au Yémen, estimant que le pays était « proche de la famine » et que son économie menaçait de s’effondrer. Il a demandé aux belligérants de permettre la réouverture des liaisons aériennes commerciales à partir de Sanaa et le déchargement rapide de 40 navires qui attendent de pouvoir ravitailler la population.