Les critiques fusent par rapport à l’évacuation des blessés

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov
Photo: Alexander Nemenov Agence France-Presse Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov

Moscou — Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a appelé mardi l’ONU à agir de manière « plus résolue »pour évacuer les blessés d’Alep, ville syrienne ravagée par des bombardements, dans un entretien téléphonique avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

M. Lavrov « a souligné que les représentants des agences humanitaires de l’ONU devaient agir de manière plus résolue pour lever les obstacles » empêchant l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des blessés d’Alep-Est, au cours de cette conversation qui a eu lieu « à l’initiative allemande », a fait savoir dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Le ministre a notamment exhorté les Nations unies à davantage intervenir auprès des pays « ayant de l’influence sur les combattants » qui « bloquent », selon Moscou, « les livraisons humanitaires à Alep-Est et empêchent l’évacuation médicale », précise le communiqué.

Le chef de la diplomatie russe a en outre réitéré la « nécessité absolue du respect par les États-Unis de leurs engagements de séparer les régiments de l’opposition « modérée » et les groupes terroristes actifs dans la partie est de la ville ».

Plus de 250 000 personnes vivent dans ce secteur assiégé par le régime. La Russie, un allié du régime de Damas, avait décrété une « pause humanitaire » la semaine dernière.

Des médecins syriens ont déploré mardi l’échec de l’évacuation des blessés ou des malades de la partie rebelle d’Alep, l’attribuant à l’incapacité de l’ONU à garantir leur sécurité. « Bien sûr, nous blâmons l’ONU pour n’avoir pas fourni un plan clair », a assuré à l’AFP Hamza al-Khatib, porte-parole de neuf des médecins les plus importants exerçant dans la partie est d’Alep. « Nous voulons des garanties que les malades et les blessés ainsi que leurs accompagnateurs ne seront pas arrêtés, ni attaqués », a expliqué ce médecin joint par l’AFP à Alep-Est.

« Les évacuations ont été empêchées par divers facteurs, dont des retards dans l’octroi des autorisations nécessaires de la part des autorités locales », a expliqué le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien. Il a aussi incriminé « les conditions imposées par des groupes armés non-étatiques et l’objection du gouvernement syrien à l’entrée de matériel médical et d’autres secours dans la partie est de la ville. »

« Après trois jours d’accalmie, les belligérants ne sont toujours pas d’accord, les opérations militaires ont repris et la violence augmente », a-t-il ajouté.

Un groupe rebelle a confirmé mardi avoir demandé des garanties mais n’avait pas obtenu des réponses de l’ONU. Yasser al-Youssef, du groupe Noureddine Zinki, a indiqué que son organisation avait exigé « des garanties écrites de l’ONU que les blessés et leurs accompagnateurs ne seraient ni arrêtés, ni détenus, ni tués, ni insultés. »