L’ONU propose un nouveau plan de paix

Des personnes ont manifesté mardi à Sanaa lors de la visite du médiateur de l’ONU. Certaines arboraient des photos de victimes du carnage du 8 octobre à Sanaa.
Photo: Mohammed Huwais Agence France-Presse Des personnes ont manifesté mardi à Sanaa lors de la visite du médiateur de l’ONU. Certaines arboraient des photos de victimes du carnage du 8 octobre à Sanaa.

Sanaa — Le médiateur de l’ONU au Yémen a présenté aux rebelles houthis et à leurs alliés une proposition pour faire avancer les perspectives de paix dans le pays, au cours d’une visite de trois jours à Sanaa.

Dans un communiqué, Ismail Ould Cheikh Ahmed a indiqué que les rebelles chiites « avaient accepté de répondre à cette proposition dans les jours à venir ». Il s’agit d’une « feuille de route par écrit qui traite des arrangements politiques et de sécurité », a-t-il précisé.

Il a affirmé que « toutes les parties doivent coopérer pleinement et rapidement pour soutenir des solutions politiques » et parvenir à une « paix durable ».

Il a exhorté les belligérants à rétablir un cessez-le-feu et à assurer un accès humanitaire « sans entraves ». « Les Yéménites hommes et femmes ont été pendant trop longtemps pris au piège dans les combats et paient un lourd tribut à la violence aveugle dans le pays, cela doit cesser », a-t-il affirmé.

Le médiateur a indiqué s’être rendu sur le site d’un raid meurtrier mené par la coalition arabe qui combat les Houthis le 8 octobre contre une cérémonie funéraire à Sanaa et rencontré certaines des familles des victimes. Ce bombardement avait fait plus de 140 morts, dont des responsables militaires houthis.

Lors d’une rencontre à Sanaa, les rebelles ont violemment critiqué l’ONU et son médiateur, exprimant leur « indignation à propos du travail » de l’émissaire onusien et dénonçant « le comportement irresponsable des Nations unies face aux crimes de l’agression » saoudienne.

Sur leur site sabanews.net, les rebelles ont confirmé avoir obtenu du médiateur ce plan de paix, présenté par eux comme « une base de discussions sur la table des négociations ».

Ces négociations sont dans l’impasse depuis leur arrêt le 6 août après plus de trois mois de discussions infructueuses à Koweït, sous l’égide de l’ONU.

Une trêve de 72 heures, initiée par le médiateur de l’ONU et violée dès son entrée en vigueur jeudi dernier, n’a pu être prolongée malgré l’insistance de ce dernier.

Manifestants en colère

D’ailleurs, les Nations unies ont été prises à partie mardi par des centaines de manifestants en colère, qui ont protesté devant l’hôtel où logeait le médiateur avant son départ de la capitale.

« Dégage, dégage ! » ont scandé les manifestants à l’adresse de M. Ould Cheikh Ahmed qu’ils ont accusé d’être « de connivence avec les Al-Saoud », la famille régnante en Arabie saoudite.

« L’ONU et le Conseil de sécurité sont complices des tueries des Yéménites », pouvait-on lire sur l’une des banderoles agitées par les manifestants. Ces derniers ont arboré des photos de victimes du carnage du 8 octobre à Sanaa.

« Les Yéménites sont massacrés et nous tenons l’ONU pour responsable des pratiques de l’Arabie saoudite, des États-Unis et d’Israël », ont lancé des protestataires, encadrés à distance par des civils en armes qui ont bloqué tous les accès du secteur où se tenait la manifestation.

Les manifestants répondaient à un appel lancé la veille notamment par un organisme proche des Houthis et mis en ligne sur le site sabanews.net.

Sur le terrain, les combats et les raids aériens se sont poursuivis sur plusieurs fronts au Yémen, alors que Riyad a annoncé qu’un ressortissant du Bangladesh avait été tué et un Pakistanais blessé mardi par la chute de projectiles tirés depuis le Yémen par les rebelles sur Jazane, une ville du sud de l’Arabie.

La guerre oppose les rebelles pro-iraniens, soutenus par les partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, aux forces progouvernementales appuyées par une coalition arabe, intervenue au Yémen en mars 2015 sous commandement saoudien. Depuis, elle a fait près de 6900 morts selon l’ONU.

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