Des combats ébranlent la trêve en Syrie

La trêve a permis une baisse sensible des violences sur l’ensemble des fronts.
Photo: Youssef Karwashan Agence France-Presse La trêve a permis une baisse sensible des violences sur l’ensemble des fronts.

La trêve en Syrie a connu vendredi ses plus sérieux accrocs avec des bombardements aériens et des combats violents au moment où s’envenimaient les relations entre les États-Unis et la Russie au sujet de l’aide humanitaire.

Sur le plan diplomatique, une importante réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait se tenir vendredi soir à New York, a été annulée à la dernière minute à la demande des deux parrains de cette trêve.

Elle devait examiner le soutien à cet accord qui vise à favoriser l’émergence d’une solution à un conflit très complexe ayant fait plus de 300 000 morts depuis cinq ans.

 

Accrocs à la trêve

La trêve a permis une baisse sensible des violences sur l’ensemble des fronts, mais a été émaillée à son quatrième jour de plusieurs accrocs notables, qui ont fait les premières victimes civiles depuis son entrée en vigueur selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Trois personnes, dont deux enfants, ont en effet péri à Khan Cheikhoun, une localité rebelle de la province d’Idleb (nord-ouest), dans des frappes menées par des avions non identifiés, d’après l’OSDH.

Une source militaire a par ailleurs fait état « d’affrontements intenses et de tirs de roquettes » dans la périphérie de Damas, où l’armée syrienne a bloqué une tentative des rebelles d’entrer dans la capitale via le quartier de Jobar.

Ce quartier est aux mains de factions rebelles alliées au groupe djihadiste Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d’al-Qaïda).

Ces combats, qui se poursuivaient en soirée de façon moins intense, ont tué trois combattants rebelles islamistes et quatre membres des forces du régime, selon l’OSDH.

Aide humanitaire

Alors qu’une décision était attendue sur la prolongation de la trêve, Moscou et Washington affichaient leurs différences une semaine seulement après avoir conjointement annoncé l’accord.

« Bien que le cessez-le-feu soit un accord bilatéral, seul un des belligérants le respecte véritablement », a déclaré dans un communiqué le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, en allusion au régime syrien, allié de Moscou.

Il a toutefois indiqué que son pays était prêt à une prolongation de la trêve de 72 heures.

Le département d’État a aussitôt réagi en faisant savoir que les États-Unis ne coopéreront pas militairement avec la Russie en Syrie, ce que prévoit l’accord de trêve sous certaines conditions, tant que le régime ne permettra pas aux villes assiégées de recevoir de l’aide humanitaire.

Le secrétaire d’État John Kerry, lors d’un contact téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov, a condamné « les retards répétés et inacceptables de l’aide humanitaire » destinée aux populations dans le besoin, selon son porte-parole John Kirby.

Selon l’accord russo-américain, Moscou doit faire pression sur son allié Bachar al-Assad tandis que Washington doit oeuvrer auprès des rebelles syriens, notamment pour qu’ils prennent leurs distances avec le Front Fateh al-Cham.

Une cessation des hostilités pendant sept jours devra, selon l’accord, permettre la création d’un centre inédit de coordination militaire entre Moscou et Washington pour frapper les groupes djihadistes État islamique et Front Fateh al-Cham.