Fragile répit interne, tensions externes

Mardi, les quartiers rebelles d’Alep n’ont pas subi de tirs aériens, contrairement aux derniers jours.
Photo: Thaer Mohammed Agence France-Presse Mardi, les quartiers rebelles d’Alep n’ont pas subi de tirs aériens, contrairement aux derniers jours.

Damas — L’armée syrienne a affirmé avoir abattu mardi un avion et un drone militaires israéliens après une attaque contre l’une de ses positions en Syrie, mais Israël a démenti.

Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre. Israël s’emploie à rester à l’écart du conflit en Syrie voisine mais ces derniers jours il a frappé à plusieurs reprises des positions de l’armée syrienne en riposte à des tirs en provenance de Syrie, sur la partie du plateau du Golan occupée et annexée par Israël.

L’armée syrienne a indiqué dans un communiqué que « l’armée de l’air de l’ennemi israélien a mené à 1 h locale une agression » contre l’une de ses positions dans la province de Qouneitra dans le sud syrien, non loin de la ligne de démarcation avec Israël.

« Notre défense aérienne a riposté en abattant un avion militaire dans le sud-ouest de la province et un avion de reconnaissance à l’ouest de Saassaa [dans la province de Damas] », a-t-elle ajouté.

En fin d’après-midi, l’armée syrienne n’avait produit aucun élément corroborant ses affirmations.

L’armée israélienne a démenti qu’un quelconque de ses appareils ait été touché dans l’opération.

« Il n’y a rien de vrai là-dedans », a dit à l’AFP un porte-parole de l’armée, le commandant Arye Shalicar.

« Deux missiles sol-air ont été tirés de Syrie après la mission menée [par les forces israéliennes] dans la nuit contre des positions de l’artillerie syrienne. La sécurité de l’aviation n’a à aucun moment été compromise », a twitté un autre porte-parole, le colonel Peter Lerner.

L’armée israélienne a dit que cette mission était une riposte à la chute sur le Golan d’un projectile en provenance de Syrie. Comme les précédentes, cette chute de projectile a été présentée par Israël comme un tir perdu, conséquence du conflit syrien et qui n’a pas fait de victime.

Tout en veillant à ne pas être aspiré dans le conflit syrien, Israël riposte communément en s’en prenant à des positions du régime syrien, disant tenir Damas pour responsable de tout tir partant de Syrie.

Mardi après-midi, deux nouveaux projectiles tirés de Syrie se sont abattus sur le nord du Golan, a indiqué l’armée israélienne. Quelques heures plus tard, en soirée, Israël a riposté en frappant de nouveau des positions syriennes.

Baisse de la violence

Ces incidents sont les derniers en date entre Israël et la Syrie alors qu’une trêve négociée par la Russie et les États-Unis est entrée en vigueur lundi soir à 19 h en Syrie entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles. Par ailleurs, les États-Unis ont confirmé lundi en fin de journée avoir tué dans un bombardement aérien en Syrie Abou Mohammed al-Adnani, le numéro deux du groupe djihadiste État islamique. L’organisation terroriste est exclue du nouveau cessez-le-feu.

Mardi, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a salué à Genève une « baisse significative de la violence » dans ce pays plus de 24 heures après le début de la trêve annoncée, mais a déploré que les Nations unies n’aient pas pu distribuer d’aide humanitaire faute de garanties de sécurité.

« La situation s’est radicalement améliorée », a déclaré Staffan de Mistura devant des journalistes à Genève, mentionnant toutefois des violences isolées, surtout lundi soir, y compris de la part des forces rebelles.

L’armée russe a affirmé mardi que les troupes régulières syriennes respectaient le cessez-le-feu, mais a accusé les insurgés d’avoir tiré « à 23 reprises sur des quartiers d’habitation et des positions des forces gouvernementales ».

Staffan de Mistura a par ailleurs démenti les informations de médias d’État turcs selon lesquelles des camions des Nations unies avaient traversé mardi la frontière turco-syrienne en direction d’Alep (nord).

Il a dit à la presse n’avoir « aucune information sur des camions de l’ONU en route actuellement », réclamant « des assurances que les conducteurs et les convois ne soient pas touchés ».

Le porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA), Jens Laerke, a confirmé qu’aucun convoi de l’ONU n’était entré en territoire syrien depuis le début du cessez-le-feu.

Les autorités syriennes ont de leur côté averti mardi qu’elles refuseraient l’entrée de toute aide de la Turquie destinée aux quartiers rebelles d’Alep « sans une coordination avec le gouvernement syrien et l’ONU ».

Pour pouvoir acheminer l’aide dans les quartiers rebelles assiégés d’Alep, où la population attend désespérément de la nourriture, des militaires russes ont installé un point d’observation mobile sur la route du Castello, un axe vital au nord de cette ville qui mène vers la frontière turque d’où doit provenir cette aide, selon des agences de presse russes.