Alep suffoque après le largage de barils par le régime

Plusieurs habitants d’Alep, dont des enfants, ont dû être soignés après avoir suffoqué en respirant un gaz s’échappant de barils largués sur la ville par l’aviation du régime syrien.
Photo: Thaer Mohammed Agence France-Presse Plusieurs habitants d’Alep, dont des enfants, ont dû être soignés après avoir suffoqué en respirant un gaz s’échappant de barils largués sur la ville par l’aviation du régime syrien.

Beyrouth — Plusieurs dizaines de cas de suffocation ont été relevés mardi dans un quartier rebelle d’Alep après le largage de barils d’explosif par l’aviation du régime, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées par des tirs rebelles contre Azamiyé, un quartier tenu par le régime à Alep, selon la même source.

« Des hélicoptères du régime ont jeté des barils d’explosifs sur Soukkari et il y a eu plus de 70 cas de suffocation », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, qui n’était pas en mesure de dire à cause de quel gaz les personnes avaient été asphyxiées.

En revanche, des militants d’Aleppo Media Center, une association antirégime, ont accusé sur Twitter les forces gouvernementales d’avoir attaqué Soukkari avec du chlore, parlant de « dizaines de cas » de suffocation.

Un habitant du quartier, qui a été asphyxié, a affirmé qu’un baril était tombé sur le quartier sans faire de destruction mais qu’une odeur très forte s’en était dégagée et avait provoqué des cas de suffocations.

Fin août, des enquêteurs de l’ONU avaient conclu que des hélicoptères militaires syriens avaient répandu du gaz de chlore sur au moins deux localités de la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à Talmenes le 21 avril 2014 et Sarmin le 16 mars 2015.

Ils accusaient aussi le groupe djihadiste État islamique (EI) d’avoir utilisé du gaz moutarde à Marea, dans la province d’Alep, dans le nord de la Syrie, le 21 août 2015.

Alliée du régime, la Russie avait mis en doute les conclusions d’un rapport d’enquête de l’ONU.

Alep est coupée en deux depuis juillet 2012, avec à l’est les quartiers rebelles et à l’ouest les quartiers tenus par le régime. Ce dernier largue au quotidien des barils d’explosifs destructeurs qui ont fait des milliers de victimes du côté rebelle. Les insurgés ripostent par des tirs au mortier meurtriers sur le secteur loyaliste.

Dans la province d’Idleb, majoritairement contrôlée par les rebelles, huit personnes, dont deux enfants, ont péri dans des raids du régime, selon l’OSDH.

Attaque du groupe EI dans le nord

Ailleurs en Syrie, dans le nord, deux soldats turcs ont été tués mardi dans la première attaque meurtrière imputée au groupe EI depuis le début d’une offensive turque il y a deux semaines, selon des sources officielles. L’opération sans précédent, lancée le 24 août, vise à chasser à la fois le groupe EI et les milices kurdes de sa frontière. L’attaque de mardi a fait aussi cinq blessés parmi les militaires turcs, selon les mêmes sources. Un haut responsable turc a confirmé le bilan.

Il s’agit des premières pertes de l’armée turque dont la responsabilité est attribuée à l’EI depuis le début de l’opération « Bouclier de l’Euphrate ». Le 28 août, la Turquie avait annoncé la mort d’un de ses soldats, accusant une milice kurde d’en être à l’origine.

Selon l’armée, l’attaque s’est déroulée au sud d’Al-Raï, près de la frontière, où des chars turcs ont ouvert le week-end dernier un nouveau front.

Par ailleurs, deux combattants de l’opposition syrienne soutenue par Ankara ont été tués et deux autres blessés dans des affrontements dans la même région, selon le communiqué.

L’armée a également annoncé avoir frappé mardi « 44 cibles à 153 reprises avec précision à l’aide de howitzers [obusiers] dans une région contrôlée par des terroristes », ajoutant que les avions de la coalition avaient également mené des raids contre des positions du groupe EI.

Les rebelles syriens soutenus par les forces de la coalition ont repris deux villages près d’Al-Raï, a-t-elle ajouté, précisant que « l’opération se poursuit dans la région ».

2 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 7 septembre 2016 13 h 24

    La ligne rouge?

    Ces barils, apparemment de chlore, voilà un autre exemple d'une ligne rouge qui a été franchie depuis longtemps par Bachar. Ligne rouge que le grand rhéteur d'Obama a bien oubliée!

    M.L.

  • Julie Grimard - Abonnée 7 septembre 2016 17 h 52

    Propagande

    Bien heureux celui qui peut dire ce qui est vrai ou pas dans ce conflit. Je préfèere prendre pour un gouvernement laique que tout groupe religieux.