« Omar le Tchétchène », l'un des principaux chefs de l'État islamique, tué en Irak

Bagdad — Omar al-Shishani dit « Omar le Tchétchène », l’un des commandants les plus en vue du groupe Etat islamique (EI), a été tué en Irak, a rapporté mercredi l’agence Amaq liée à cette organisation ultraradicale.

Célèbre pour sa barbe rousse et sa férocité au combat, « Omar le Tchétchène » était l’un des chefs les plus recherchés de l’organisation jihadiste.

L’agence Amaq a indiqué qu’il avait été tué au combat dans la ville de Charqat, dans le nord de l’Irak, sans toutefois préciser la date de son décès.

Par le passé, « Omar le Tchétchène » a été donné pour mort sur les réseaux sociaux ou dans les médias, avant de réapparaître.

En mars, un responsable du Pentagone avait annoncé sa mort « probable » dans un bombardement américain dans le nord-est de la Syrie, dont des pans entiers sont sous contrôle de l’EI.

Preuve de l’envergure du jihadiste: Washington présentait ce « chef de guerre expérimenté » comme l’équivalent du ministre de la Défense au sein de l’organisation jihadiste et avait mis sa tête à prix pour cinq millions de dollars.

De son vrai nom Tarkhan Taïmourazovitch Batirachvili, « Omar le Tchétchène » était né en 1986 d’un père chrétien et d’une mère musulmane dans la vallée de Pankissi en Géorgie, peuplée principalement de Tchétchènes.

Après avoir combattu contre les Russes dans l’armée géorgienne en 2008, il quitte l’armée et fait 16 mois de prison pour possession d’armes. Il rejoint ensuite la Syrie et un groupe combattant le régime de Bachar al-Assad.

Il devient en 2012 le chef militaire d’un bataillon de combattants étrangers, affirme Aymenn Jawad al-Tamimi, chercheur au Middle East Forum, un centre de réflexion américain.

En mai 2013, alors que l’EI s’établit, il fait allégeance à son dirigeant Abou Bakr al-Bagdadi et est nommé commandant militaire du groupe pour le nord de la Syrie, précise M. Tamimi.

Loyauté

Même si son rang exact reste flou, Richard Barrett, du Soufan Group, une société d’analyse du renseignement, le considérait comme « le plus haut commandant militaire » de l’EI.

Omar le Tchétchène possédait la « loyauté des combattants tchétchènes, considérés par l’EI comme des troupes d’élites », souligne M. Barrett.

Il ne faisait cependant pas partie de la direction politique du groupe jihadiste, une structure encore plus obscure que sa branche militaire.

Une biographie du jihadiste écrite par un sympathisant de l’EI et publiée en ligne le décrit comme « l’un des meilleurs stratèges » qui n’a « jamais perdu aucune de ses batailles ».

Signe de la popularité du « Tchétchène » auprès des militants jihadistes, son biographe va jusqu’à le présenter comme « le nouveau Khalid Ibn al-Walid », en référence à celui qui a joué un rôle crucial en diffusant l’islam en Syrie et en Irak après la mort du prophète Mahomet.

D’autres experts minimisent cependant son importance.

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’annonce de sa mort n’aura « pas d’impact concret sur les champs de bataille ».

« L’EI choisit quelles figures rendre visibles pour les médias et garde dans l’ombre ses véritables dirigeants », estimait-il lors d’une interview accordée à l’AFP en mars.