Le monde musulman indigné par l’attentat à Médine

L’attentat suicide sans précédent perpétré dans la ville sainte de Médine en Arabie saoudite a été condamné mardi avec force à travers le monde musulman et a provoqué l’indignation des responsables sunnites comme chiites.

Cette attaque qui a coûté la vie à quatre gardes de sécurité s’est produite devant la Mosquée du prophète, un site très fréquenté en cette fin de ramadan et un lieu où toute violence est prohibée.

Elle a été l’un des trois attentats à frapper l’Arabie saoudite lundi à la veille de la fin du mois sacré de jeûne pour les musulmans.

Le royaume est déterminé à frapper d’une main de fer tous ceux qui veulent nuire à […] nos jeunes

 

Ils n’ont pour l’heure pas été revendiqués, mais leur mode opératoire rappelle celui du groupe djihadiste État islamique (EI), qui a mené plusieurs attentats suicides meurtriers en Arabie saoudite depuis plus d’un an.

Selon le ministère saoudien de l’Intérieur, les forces de sécurité ont repéré dans un stationnement un suspect qui se dirigeait vers la Grande mosquée. Ce dernier a actionné sa ceinture d’explosifs quand des agents ont tenté de l’intercepter.

Mardi soir, le roi Salmane a appelé les musulmans à « l’unité » et à protéger les jeunes « des dangers qui les guettent, notamment l’extrémisme », en référence aux groupes djihadistes.

« Le royaume est déterminé à frapper d’une main de fer tous ceux qui veulent nuire à […] nos jeunes », a-t-il ajouté dans une brève allocution à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du ramadan, célébrée mercredi.

Au Caire, Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a rappelé la « sacralité des lieux saints, particulièrement la Mosquée du prophète ».

Mahomet a passé les dix dernières années de sa vie à Médine où il est mort en 632 et où il est enterré.

Réprobation générale

Les attaques de lundi ont suscité une réprobation générale, notamment de l’Iran chiite, grand rival régional de l’Arabie saoudite sunnite.

Le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Afghanistan, le Pakistan, le Nigeria, entre autres, les ont condamnées avec fermeté.

À Karachi, la plus grande ville pakistanaise, des dizaines de personnes ont manifesté en accusant les responsables de l’attaque de Médine de « blasphème ».

Dans un communiqué reçu par l’AFP, les talibans afghans se sont dits « choqués par cet acte effroyable » et « considèrent qu’il s’agit d’un acte perpétré par des ennemis mus par la haine des rituels musulmans ».

Pour le puissant mouvement chiite libanais Hezbollah, classé cette année comme « terroriste » par Riyad et les autres monarchies sunnites du Golfe, cet attentat est « un nouveau signe du mépris des terroristes pour tout ce que les musulmans considèrent comme sacré ».

« Il n’y a plus de ligne rouge pour les terroristes », a jugé le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. « Sunnites et chiites seront tous des victimes à moins que nous soyons unis », a-t-il prévenu.

L’Iran et l’Arabie saoudite s’opposent sur toutes les crises régionales, notamment en Syrie et au Yémen, et Riyad a rompu en janvier ses relations diplomatiques avec Téhéran après l’attaque de son ambassade dans la capitale iranienne.

L’Irak, où un attentat du groupe EI a fait plus de 200 morts dimanche à Bagdad, a estimé que les attentats en Arabie saoudite « témoignent de l’idéologie déviante que portent les bandes takfiries [extrémistes sunnites] » comme le groupe EI.