Des convois d’aide humanitaire envoyés dans des zones assiégées

Nations unies — La Syrie a autorisé l’acheminement d’aide humanitaire par convois terrestres dans 12 zones assiégées au cours du mois de juin, ont annoncé les Nations unies vendredi.

Le régime de Damas a aussi donné son feu vert à un acheminement d’aide limitée dans trois autres zones assiégées. Il a en revanche refusé cet accès à l’aide dans deux autres zones assiégées, a précisé le bureau des opérations humanitaires de l’ONU.

Cette annonce a été faite au moment où le Conseil de sécurité était réuni pour discuter des moyens de fournir médicaments et nourriture aux centaines de milliers de Syriens assiégés.

Doutes

Mais certains diplomates ont exprimé des doutes, rappelant que des autorisations accordées dans le passé par Damas ne s’étaient jamais matérialisées sur le terrain.

Près de 600 000 personnes, selon l’ONU, vivent en Syrie dans 19 zones ou localités encerclées par les belligérants, principalement par les troupes du régime, et près de quatre millions dans des zones difficiles d’accès. Nombre d’entre eux souffrent de malnutrition.

Au total, l’ONU avait demandé l’accès à l’aide humanitaire dans 34 zones qui sont soit des zones assiégées, soit des zones difficiles d’accès. Damas a autorisé l’accès à 23 d’entre elles, dont 12 zones assiégées.

Parmi les zones assiégées, le régime syrien a notamment refusé l’accès au quartier d’Al Wa’er à Homs (centre) et à la ville de Zabadani (sud-ouest). Il a autorisé l’acheminement d’une aide limitée à trois villes autour de Damas, Moadamiyeh, Daraya et Douma, assiégées par l’armée syrienne.

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a estimé que la Syrie devait permettre l’accès à une aide humanitaire complète dans toutes les zones qui en ont besoin.

« Nous avons besoin d’une approbation de l’ensemble du plan de juin pour l’accès à l’aide humanitaire », a déclaré M. O’Brien dans un communiqué après avoir parlé devant le Conseil de sécurité.

Voies terrestres et aériennes

La France, qui préside le Conseil de sécurité au mois de juin, avait exhorté quelques heures auparavant la Russie à faire pression sur son allié syrien pour faciliter l’accès de l’aide humanitaire par voie terrestre, qui est la manière la plus efficace de fournir de l’aide selon l’ONU.

Des diplomates ont aussi rapporté vendredi que l’ONU allait demander dimanche un feu vert de la Syrie pour pouvoir acheminer aussi de l’aide par largages aériens.

Les grandes puissances avaient convenu le mois dernier que si l’aide humanitaire continuait à être bloquée, l’ONU commencerait des largages par voie aérienne à partir du 1er juin.

Mais l’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy, a expliqué jeudi à Genève que les largages d’aides n’étaient pas « imminents » vu la complexité de l’opération et la nécessité d’avoir le feu vert du régime.

« Il devrait y avoir des largages d’aide là où l’accès par voie terrestre est refusé », a estimé vendredi l’ambassadeur britannique à l’ONU Matthew Rycroft.

La guerre a fait 280 000 morts en Syrie depuis mars 2011 et jeté hors de leurs foyers plus de la moitié de sa population.

Le processus de paix est à l’agonie depuis la démission dimanche du négociateur en chef de l’opposition syrienne Mohammed Allouche, qui avait dénoncé la poursuite des bombardements du régime et « l’incapacité de la communauté internationale à faire appliquer ses résolutions, notamment en ce qui concerne l’aspect humanitaire ».

Alep meurtrie par les bombes

La ville d’Alep a vécu l’enfer de bombardements incessants du régime avec près de 60 morts vendredi. Au moins 57 civils ont péri dans des frappes de l’aviation du régime sur les quartiers est contrôlés par les rebelles, selon un dernier bilan de la défense civile. Ces bombardements, « d’une folle intensité » selon un correspondant de l’AFP, sont les plus forts depuis un mois. La violence est telle que la prière du vendredi a été annulée et les rues ont été désertées, alors que les secouristes s’employaient à trouver des survivants dans les décombres d’immeubles endommagés ou détruits. En soirée, le rythme des frappes a fortement diminué alors que les bombardements à la roquette étaient intermittents.