Réformateurs et modérés en quête d’une majorité

Vendredi, dix-sept millions d’électeurs étaient appelés à voter pour élire 68 des 290 députés du Parlement.
Photo: Atta Kenare Agence France-Presse Vendredi, dix-sept millions d’électeurs étaient appelés à voter pour élire 68 des 290 députés du Parlement.
La coalition des alliés réformateurs et modérés du président Hassan Rohani a remporté le second tour des élections législatives de vendredi en Iran face aux conservateurs, selon des résultats concordants publiés samedi par les médias iraniens de toutes tendances.

Selon des résultats partiels non encore officiels publiés par ces médias, y compris les médias conservateurs, la liste « Espoir » des réformateurs et modérés a gagné au moins 33 des 68 sièges qui étaient en jeu sur les 290 que compte le Parlement. Il faudra toutefois attendre les résultats officiels et définitifs, ainsi que la position des députés indépendants — une trentaine au total élus au second et au premier tour du 26 février — pour savoir si les alliés du président Rohani obtiennent la majorité de 146 sièges au Parlement.
 

Le scrutin s’est déroulé dans le calme hormis des échanges de tirs survenus à Mamasani, dans le sud de l’Iran, entre partisans des deux candidats locaux rivaux, qui ont fait quatre blessés, selon l’agence de presse Isna.


Ce second tour est intervenu un peu plus de trois mois après l’entrée en vigueur de l’accord entre les grandes puissances et l’Iran sur son programme nucléaire et la levée d’une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran.

Mais, en l’absence de retombées économiques concrètes suivant la fin des sanctions, l’exaspération commence à se faire sentir en Iran.

Dix-sept millions d’électeurs étaient appelés à voter, contre 55 millions au premier tour du 26 février, pour élire 68 des 290 députés.

Les modérés favoris

La plupart des ultraconservateurs ayant perdu au premier tour, l’assemblée pourrait être composée de députés réformateurs et modérés pro-Rohani, ainsi que de conservateurs modérés et pragmatiques plus conciliants à l’égard de la politique du président.

Selon Mohammad Hossein Moghimi, responsable des élections au ministère de l’Intérieur, la participation a été « impressionnante » à travers le pays. Elle avait été de 62 % le 26 février.

« Si le Parlement est dans la ligne du gouvernement, les choses iront mieux », a affirmé Mehdi Saadatmandi, un retraité de 50 ans, en votant à Robat Karim, ville populaire du sud-ouest de Téhéran.

Zahra Karimdoost, une enseignante de 35 ans, explique avoir, elle, voté conservateur, car « il faut protéger le pays contre […] l’infiltration » de l’Occident.

Un total de 221 députés ont été élus dès le premier tour, presque à égalité entre les deux camps, réformateurs/modérés et conservateurs, ainsi qu’une quinzaine d’indépendants.

Les 30 sièges de Téhéran, auparavant tous détenus par les conservateurs, ont été remportés par les réformateurs et modérés (ou des alliés) soutenant la politique d’ouverture du président Rohani.

   

Le nouveau Parlement, qui comprendra au moins treize femmes élues au premier tour contre neuf dans le Parlement sortant, se réunira fin mai pour élire son nouveau chef. Le président conservateur modéré sortant, Ali Larijani, et le chef de file des réformateurs et modérés, Mohammad Reza Aref, devraient être en lice.