Un imposant convoi d’aide arrive à Rastane assiégée depuis quatre ans

Une jeune fille s’est empressée jeudi de saluer l’arrivée du convoi d’aide.
Photo: Mahmoud Taha Agence France-Presse Une jeune fille s’est empressée jeudi de saluer l’arrivée du convoi d’aide.

Le plus grand convoi humanitaire jamais effectué depuis le début de la guerre en Syrie en 2011 est arrivé jeudi dans une ville rebelle assiégée depuis quatre ans, au moment où l’opposition quittait les négociations de Genève. Le convoi composé de 65 camions a été accueilli avec joie par la population. Dans le même temps, l’ONU a achevé jeudi l’évacuation simultanée de 500 blessés, malades et leur famille vivant dans d’autres localités assiégées par le régime ou les rebelles.

Mais la violence s’accroît chaque jour dans ce conflit complexe où s’affrontent toutes les composantes de la société syrienne, épaulées par des combattants étrangers, malgré un cessez-le-feu en vigueur de principe depuis fin février.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé l’arrivée à Rastane du convoi d’aide humanitaire composé 65 camions de nourriture, de médicaments et de matériel médical, avec l’aide du Croissant rouge syrien. Rastane est une ville rebelle encerclée par l’armée depuis 2012 où vivent 120 000 personnes, des habitants du cru et des réfugiés des environs, qui n’avaient reçu aucune aide depuis quatre ans.

Pawel Krzysiek, porte-parole du CICR à Damas qui était sur place, a indiqué que la nourriture y est « limitée, mais ce qui est le plus frappant ce sont les vastes fermes en jachère à cause de l’insécurité. Beaucoup d’immeubles portent les traces des combats violents et certains sont détruits. »

Par ailleurs, le transfert des 500 personnes de quatre localités assiégées, avec le concours du Croissant rouge syrien, va permettre aux blessés et malades de recevoir des soins dans des zones tenues par les rebelles ou le régime, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Plus de quatre millions de personnes en Syrie vivent dans des régions assiégées ou difficiles d’accès pour l’aide humanitaire.

Accord inédit

Par ailleurs, un accord inédit est entré en vigueur entre les rebelles, le régime et les djihadistes du groupe État islamique (EI), à Dmeir, une localité à 40 kilomètres au nord-ouest de Damas, selon l’OSDH. Ainsi, 500 combattants du groupe EI et leur famille ont pu quitter cette localité, dont le groupe djihadiste contrôlait plusieurs secteurs, pour gagner plus à l’est Raqa et Deir Ezzor, deux de leurs bastions.

Il ne reste ainsi plus à Dmeir de combattants du groupe EI qui avait attaqué cette ville il y a deux semaines et enlevé une partie des employés d’une cimenterie avant de les relâcher.

À Palmyre, ville reprise fin mars par le régime aux djihadistes, le déminage du site antique parsemé de mines et d’explosifs a été achevé, a annoncé jeudi l’armée russe.

Reddition

Dans le nord-est de la Syrie, 50 combattants prorégime qui s’étaient réfugiés dans une prison à Qamichli, se sont rendus jeudi aux forces kurdes au cours de violents combats dans cette ville, a indiqué une source de sécurité kurde. Dix membres des Forces de défense nationale (FDN, prorégime), quatre combattants des Assayech (forces de sécurité kurdes) et deux civils, dont un enfant, ont été tués à Qamichli en deux jours d’affrontements entre les forces progouvernementales et kurdes, selon l’OSDH.

La majorité de cette ville est aux mains des Kurdes mais le régime contrôle quelques quartiers.

Si les États-Unis et la Russie essaient à tout prix de maintenir le cessez-le-feu, les négociations intersyriennes de Genève sont mal en point. Tous les négociateurs de l’opposition réunis au sein du Haut comité des négociations (HCN) doivent quitter Genève d’ici vendredi, car ils jugent inacceptable de continuer de discuter avec le régime qu’ils accusent de poursuivre ses massacres de civils. L’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura doit annoncer vendredi quelle sera la prochaine étape.

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