L'opposition syrienne accepte de négocier

Des citoyens syriens reprennent la rue pour dénoncer le régime de Damas à la faveur du cessez-le-feu.
Photo: Karam Al-Masri Agence France-Presse Des citoyens syriens reprennent la rue pour dénoncer le régime de Damas à la faveur du cessez-le-feu.

Beyrouth — Des élections présidentielle et législatives doivent être organisées en Syrie sous l’égide de l’ONU dans les 18 mois, a annoncé vendredi l’envoyé spécial Staffan de Mistura à trois jours de la relance des pourparlers indirects à Genève entre régime et opposition.

Le Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les groupes clés de l’opposition, a d’ailleurs annoncé qu’il participerait à partir de lundi aux négociations censées aboutir à un règlement du conflit dévastateur qui entre le 15 mars dans sa sixième année.

La relance de ces pourparlers a été favorisée par un cessez-le-feu entre régime et rebelles entré en vigueur le 27 février et qui est globalement respecté malgré quelques violations. La dernière en date a été commise vendredi par l’aviation du régime, qui a bombardé un secteur rebelle d’Alep, tuant cinq civils, selon une ONG.

La pause dans les combats a permis une importante baisse du nombre des victimes ces derniers jours alors que la guerre a fait en près de cinq ans plus de 270 000 morts, poussé à la fuite la moitié de la population et provoqué une catastrophe humanitaire avec notamment une crise migratoire qui a atteint les portes de l’Europe.

Après avoir réussi à faire appliquer un arrêt des hostilités, Russes et Américains poussent désormais pour un accord politique avec la relance des négociations marquées jusqu’à présent par des échecs.

Ordre du jour

À l’ordre du jour des discussions prévues à Genève du 14 au 24 mars, « il y aura trois questions : un nouveau gouvernement inclusif, une nouvelle Constitution et de nouvelles élections », a déclaré dans une entrevue à l’agence russe Ria Novosti M. de Mistura, émissaire spécial de l’ONU.

Les élections, présidentielle comme parlementaires, a-t-il ajouté, « doivent avoir lieu dans les 18 mois à compter du début des négociations, c’est-à-dire du 14 » mars, et se dérouleront sous l’égide de l’ONU.

Les pourparlers se dérouleront dans des salles séparées avec les représentants du régime et de l’opposition et il y aura après cette série de discussions « une pause d’une semaine à 10 jours », après laquelle les pourparlers reprendront, avait-il dit dans une précédente déclaration.

Le HCN a annoncé qu’il participerait aux négociations et répété que le président Bachar al-Assad n’avait pas sa place dans la future Syrie.

Moscou, un allié du régime Assad, a appelé de nouveau à inclure les Kurdes dans les négociations, mais M. de Mistura a indiqué qu’il n’entendait pas envoyer de nouvelles invitations à d’autres participants.

Une précédente ronde de négociations en février avait tourné court en raison d’une intensification des frappes de la Russie, dont l’intervention a permis au régime d’enregistrer de nombreux succès face aux rebelles.

Ces derniers sont en effet affaiblis et marginalisés par la montée en puissance des djihadistes du groupe État islamique et du Front al-Nosra (branche syrienne d’al-Qaïda), qui occupent la moitié du territoire syrien et sont exclus du cessez-le-feu.

Violation du cessez-le-feu

L’aviation russe et celle de la coalition internationale dirigée par les États-Unis continuent ainsi de les bombarder en Syrie.

Mais, en violation du cessez-le-feu, l’aviation du régime est entrée en action pour le deuxième jour consécutif contre des secteurs rebelles à Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

4 commentaires
  • - Inscrit 11 mars 2016 10 h 43

    La farce de l'année !

    Et c'est l'ONU qui se prète à cette mascarade !

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 11 mars 2016 11 h 18

    Bonne chance à l'ONU

    Je ne vois pas comment l'ONU pourrait organiser des élections dans les parties du territoire syrien aux mains de l'État islamique et d'Al Qaida.

    J'imagine que lorsque tous les organisateurs et observateurs de l'ONU sur les lieux auront tous été décapités, les fonctionnaires de l'ONU à New York ou Genève pourront regarder en boucle les vidéos de leur exécution afin de découvrir dans quelle mesure leur optimiste était excessif.

  • Pierre Robineault - Abonné 11 mars 2016 11 h 24

    Ça ne va pas, non?!

    Quelle est donc cette bande de ... l'ONU qui se propose d'organiser des élections en Syrie alors que des centaines de miliers d'opposants d'al Assad ont été massacrés et tués, que plus d'un million d'entre eux ont déjà quitté leur pays dont la plupart survivent tant bien que mal dans des camps aux frontières de pays européens, et que ceux qui restent sont apeurés alors que des "snipers" du régime les attendent avec leurs mitraillettes.
    Et que fera cette bande de ..., alors? Tout simplement annuler l'élection ou célébrer le retour d'al Assad? Même la honte a disparu!
    Pierre Robineault, abonné

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 mars 2016 08 h 47

    Quelle belle photo de propagande

    Vous souvenez-vous de cette foule qui déboulonnait une statue de Saddam Hussain en Irak ?

    Ici on a quelques centaines d'hommes (je vois un enfant mais pas de femme) qui, le sourire aux lèvres, dénonceraient le régime en place. Si Bachar el-Assad est aussi impopulaire que l'Agence France Presse veut nous le faire croire, je lui suggérerais de nous montrer des photos plus convainquantes.