Un attentat suicide du groupe EI fait 47 morts

Bagdad — Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué l’attentat suicide ayant fait au moins 47 morts dimanche au sud de Bagdad, en Irak. Un camion piégé a explosé à un point de contrôle bondé aux abords de la ville de Hilla.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le groupe EI a affirmé qu’un kamikaze, présenté comme Abou Islam al-Ansari, avait fait exploser un camion piégé au niveau d’un checkpoint aux abords de la ville de Hilla.

« Les “Rafida” [terme péjoratif désignant les musulmans chiites] doivent comprendre que la bataille ne fait que commencer et que le pire est encore à venir », dit le communiqué.

Le groupe EI, organisation extrémiste sunnite, multiplie les attaques contre les chiites qu’elle considère comme des hérétiques.

L’attentat qui a fait 47 morts et au moins 72 blessés est le plus meurtrier au véhicule piégé depuis le début de l’année en Irak.

« L’attaque a été menée contre un checkpoint à l’entrée nord de Hilla », a indiqué Faleh al-Radhi, responsable de la sécurité du conseil provincial de Babel.

Selon un médecin à l’hôpital de Hilla, 20 membres des forces de sécurité figurent parmi les 47 personnes tuées dans cet attentat qui a également fait au moins 72 blessées.

Ce bilan, le plus lourd depuis le début de l’année pour un attentat au véhicule piégé, a été confirmé par M. Radhi et des responsables de la police.

Le camion était chargé d’explosifs, selon des responsables, et il a explosé au moment où les agents de la sécurité du checkpoint l’ont arrêté alors qu’il tentait de pénétrer dans Hilla.

Importants dégâts

Des photos publiées sur les réseaux sociaux montrent des dégâts importants autour du checkpoint, où se forment habituellement de longues files de voitures à cette heure de la journée, en attendant de passer les contrôles de la sécurité.

En mars 2014, un attentat suicide à la périphérie de Hilla avait tué 50 personnes et blessé plus de 150 autres.

Le groupe extrémiste sunnite État islamique (EI), responsable de la quasi-totalité de ce type d’attaques, n’a plus de bases fixes au sud de Bagdad depuis que les forces gouvernementales et leurs milices alliées ont lancé une contre-attaque visant les jihadistes fin 2014.

À ce moment-là, la priorité avait été de sécuriser les villes saintes de Najaf et Kerbala au sud de Bagdad.

Depuis près d’un an, les djihadistes ont perdu du terrain en Irak et la dernière vaste opération des forces irakiennes soutenues par l’aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis a pour objectif de reprendre des zones à l’ouest de la ville de Samarra, au nord de Bagdad.

Dans les villes toujours sous contrôle du groupe EI, des tensions internes prennent apparemment de l’ampleur et des pénuries d’approvisionnement se font durement sentir.

Selon des experts, les combattants du groupe EI auront de plus en plus recours aux attentats suicide contre des civils tant que leur autoproclamé « califat » continue de perdre du terrain.