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La trêve semble respectée

Les États-Unis ont indiqué mardi n’avoir constaté aucune violation significative de la trêve en Syrie ces dernières 24 heures, tout en se refusant à crier victoire tant cette cessation des hostilités reste fragile.

« Ces dernières 24 heures, nous n’avons été destinataires d’aucune déclaration de violations supplémentaires d’importance. Il semble donc qu’au cours de ces 24 heures, il n’y ait pas eu davantage de ruptures de la cessation des hostilités », a prudemment commenté le porte-parole du département d’État, John Kirby. Il était interrogé sur le maintien de la très fragile trêve des combats entre le régime syrien et les groupes d’opposition qui est en vigueur depuis le 27 février et qui est parrainée et surveillée par les États-Unis et la Russie.

« Il semble que jusqu’à présent cela continue en gros à tenir », a ajouté M. Kirby. Il s’est félicité d’une réduction notable de la violence, soulignant toutefois que les frappes américaines contre les groupes djihadistes État islamique et Front al-Nosra se poursuivaient et que l’objectif à terme de la communauté internationale était fixé à zéro violation du cessez-le-feu.

« Personne ici au département d’État américain ne lève le pied de la pédale, personne ne fait la moindre danse de la victoire », a prévenu le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le président syrien Bachar al-Assad a promis mardi de faire en sorte que la trêve en Syrie fonctionne, au quatrième jour de la trêve. Il a aussi proposé aux combattants de l’opposition déposant les armes un retour à la vie civile et une amnistie complète.

Fermer la frontière ?

 

Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a demandé mardi la fermeture de la frontière turco-syrienne afin de couper les voies d’approvisionnement des « terroristes », y compris par le biais de convois humanitaires.

« Il n’y a pas de place pour les terroristes et les extrémistes, ni dans les accords de cessez-le-feu, ni dans un processus de règlement politique » en Syrie, a déclaré M. Lavrov devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.

« Une tache très spéciale consiste à couper l’approvisionnement des terroristes à partir de l’extérieur. Pour y parvenir, il est important de fermer la frontière entre la Syrie et la Turquie, car à travers elle, ces gangs reçoivent des armes, y compris par le biais de convois humanitaires », a-t-il affirmé.

Le chef de la diplomatie russe a souligné qu’une « défaite massive de [l’organisation] État islamique et du Front al-Nosra est une condition préalable et nécessaire pour préserver les droits de la population syrienne qui a trop souffert ».

« Améliorer la situation humanitaire en Syrie est l’une des priorités clés de l’ONU, a-t-il poursuivi. Toutefois, la résolution des problèmes humanitaires et la restauration du pays détruit par la guerre ne seront possibles que grâce au maintien d’un cessez-le-feu durable et à la mise en place d’un dialogue intersyrien sur l’avenir du pays, qui doit être décidé par les Syriens eux-mêmes, sans ingérence extérieure. »

L’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a convoqué toutes les parties syriennes à un nouveau round de discussions le 7 mars à Genève. La reprise de ces discussions a dû être repoussée de deux jours, « pour des questions pratiques et logistiques », selon le bureau de M. de Mistura.

Un premier round de négociations avait tourné court début février en raison de l’intensification des frappes russes en soutien au régime de Damas.