Le premier ministre russe met en garde contre une «guerre mondiale»

Berlin — Le premier ministre russe Dmitri Medvedev a estimé qu’une offensive terrestre étrangère en Syrie présenterait le risque de déclencher « une nouvelle guerre mondiale », dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt à paraître vendredi.

« Les offensives terrestres conduisent généralement à ce qu’une guerre devienne permanente », a averti le premier ministre, ajoutant à ce propos : « Toutes les parties doivent être contraintes de s’asseoir à la table de négociations plutôt que de déclencher une nouvelle guerre mondiale ».

« Les Américains et nos partenaires arabes doivent très bien réfléchir : veulent-ils une guerre permanente, pensent-ils qu’ils pourraient gagner rapidement une telle guerre ? Quelque chose de cet ordre est impossible, particulièrement dans le monde arabe », a insisté M. Medvedev.

L’Arabie saoudite a récemment évoqué l’idée de dépêcher des troupes au sol en Syrie, dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe djihadiste État islamique. Et Washington, par la voix de responsables du Pentagone, a dit voir d’un bon oeil cette offre saoudienne.

Pourparlers à Munich

Les principaux acteurs du dossier syrien ont entamé de difficiles pourparlers jeudi soir à Munich sur une proposition russe de cessez-le-feu alors que l’offensive du régime de Damas, soutenue par Moscou, se poursuit sur le terrain.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé avoir fait une offre « concrète » de cessez-le-feu juste avant le début d’une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie, qui réunit 17 pays dans la capitale bavaroise.

Moscou est soupçonné de vouloir retarder l’échéance pour pousser son avantage sur le terrain militaire et diplomatique, et renforcer le régime de Bachar al-Assad avant une hypothétique reprise des pourparlers de Genève.

5 commentaires
  • Michèle Lévesque - Abonnée 11 février 2016 16 h 22

    Où est rendu daesh ?


    Surréaliste.

    C'est donc que grâce aux Russes pro-Assad que le monde est retenu sur la pente du gouffre de la 3e guerre mondiale ?

    Par conséquent les Russes ont le droit de tirer sur les civils à même l'offensive contre les ennemis du Régime. Et ils ont le droit parce qu'invités par ce grand démocrate qu'est Assad, lui que la France accuse pourtant depuis 2012 de crimes contre l'humanité, bien avant l'entrée de l'ÉI (daesh) sur son territoire.

    Par contre, si les autres alliances entrent à leur tour sur le sol syrien pour lutter directement contre le péril islamique, la troisième guerre sera déclarée automatiquement. Mais qui est l'ennemi ici ? Je croyais que c'était daesh.

    Personne ne souhaite d'autres intrusions armées en Syrie, mais pourquoi les tirs russes seraient-ils bons et les autres mauvais ? Surtout qu'à ce jour, tout concentrés à défendre les chefs-lieux du régime au nord-ouest, ils ne semblent pas près de résoudre le problème de l'installation de daesh dans le reste du pays.

    Si les Russes se retiraient, comme le Conseil de Sécurité le leur demande instamment, et laissaient enfin une vraie chance aux pourparlers pour un gouvernement de transition, le temps d'une trêve, qu'arriverait-il ? Mais Assad est trop important. C'est lui le nerf de la guerre et son fer de lance. Ils se contentent donc d'accuser tout le monde des pires crimes, dont la moindre n'est pas (je cite V. Tchourkine rapporté par Reuters) "« d'exploiter grossièrement les questions humanitaires pour jouer un rôle destructeur dans le processus politique »."

    "Politique" pour les Russes, c'est présentement ouvrir une représentation kurde à Moscou car, ces derniers luttant contre les rebelles, ils deviennent des alliés pour soutenir Assad. Ce qui laisse penser que le vrai bras de fer du Tsar n'est pas contre daesh, mais contre le Sultan dont l'obsession anti-kurde vient ainsi d'entrer dans une crise aigüe dont tout le monde aura à souffrir. La faute à qui ?

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 11 février 2016 16 h 47

    Désastreux chantage

    Il est très dommage que monsieur Medvedev ait recours à ce désastreux et peut-être sale chantage.

    Le massacre des êtres humains que vivent sur le territoire appelé Syrie doit cesser.

    Le recours aux sanctions économiques bien pensées et appliquées à la Russie va devenir nécessaire.

    Ça suffit.

    • Sylvain Lavoie - Abonné 11 février 2016 18 h 54

      Ne vous en faites pas avec les sanctions, loin d'obtenir des résultats spectaculaires indignes des média, elles bloquent tous les transferts de technologies militaires vers la Russie. Malgré les vociférations de Shoigu et les déclarations tonitruantes de Poutine sur la mise en service ou la constuction de tel ou tel système d'armes, la réalité est toute autre, a peu près tous les programmes d'aquisition d'armement souffrent de sérieux délais et plusieurs sont en voie d'être tout simplement annulés. Comble de l'ironie, les turbines a gaz devant équiper les nouvelles frégates russes étaient fabriquées en Ukraine, donc pas de turbines...Définitivement, la Russie commence à ressembler drôlement à la Pologne d'Ubu roi.

  • François Dorion - Inscrit 11 février 2016 19 h 30

    le problème de la Syrie

    la difficulté du problème en Syrie vent surtout de l'incertitude de la position de daesh en rapport avec la colonisation en arabie.
    Le mouvement de décolonisation lancé par Malraux et De Gaulle dans les années 1950-60 n'est pas encore complètement accompli, et la tendance de daesh de recruter parmi les anciennes nations coloniales indiquent qu'il y a encore un effort à faire en Europe même, au niveau de la culture, pour empêcher que se ravive la flamme de guerre qui a mené à la deuxième guerre mondiale.
    Ce n'est pas tant le pétrole ou la religion qui est l'enjeu que l'indépendance des nations arabes face aux intérêts du loby des armes.

  • François Dorion - Inscrit 11 février 2016 19 h 30

    le problème de la Syrie

    la difficulté du problème en Syrie vent surtout de l'incertitude de la position de daesh en rapport avec la colonisation en arabie.
    Le mouvement de décolonisation lancé par Malraux et De Gaulle dans les années 1950-60 n'est pas encore complètement accompli, et la tendance de daesh de recruter parmi les anciennes nations coloniales indiquent qu'il y a encore un effort à faire en Europe même, au niveau de la culture, pour empêcher que se ravive la flamme de guerre qui a mené à la deuxième guerre mondiale.
    Ce n'est pas tant le pétrole ou la religion qui est l'enjeu que l'indépendance des nations arabes face aux intérêts du loby des armes.