Israël démolit

Jérusalem — L’armée israélienne a démoli mardi une vingtaine d’installations en Cisjordanie occupée, laissant 80 Palestiniens sans abri, ont indiqué habitants et autorités israéliennes qui affirment qu’ils vivaient sans autorisation sur une zone militaire.

Les soldats ont détruit 24 structures, y compris des habitations, dans et autour du village de Khirbet Jenbah, au sud de Hébron, a indiqué l’Association des droits civils en Israël. Le terme « structures » recouvre communément toute installation, du panneau solaire aux habitations en passant par les abris pour animaux.

Ces démolitions sont régulièrement critiquées par la communauté internationale, comme l’occupation de la Cisjordanie par Israël et la poursuite de la colonisation. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon les évoquait le 26 janvier devant le Conseil de sécurité dans une intervention sur le conflit israélo-palestinien qui a considérablement agacé le gouvernement israélien.

Irritation

Les démolitions irritent aussi l’Union européenne qui voit détruites des installations qu’elle a participé à financer. L’UE a ainsi indiqué qu’elle avait financé dix des installations détruites mardi. Elle a appelé « le gouvernement israélien à revoir sa politique de colonisation et de démolition de projets », a déclaré un porte-parole à Jérusalem.

Les bulldozers sont entrés en action tôt le matin et « environ 80 personnes » se sont retrouvées sans abri, a indiqué Nidal Younès, chef du conseil du village, déclaré zone militaire par Israël dans les années 70.

Le ministère de la Défense a confirmé que « des mesures ont été appliquées contre des structures illégales et des panneaux solaires construits dans une zone militaire ». Cependant, il est illégal pour une puissance occupante d’établir des zones militaires dans les territoires qu’elle occupe, a souligné Sarit Michaeli, de l’ONG israélienne B’Tselem, qui documente les violations des droits de la personne dans les Territoires palestiniens.

Arrêt de la démolition

Les habitants font valoir que leurs ancêtres peuplaient la zone avant l’occupation israélienne de la Cisjordanie à partir de 1967.

Plus tard mardi, un tribunal a gelé ces destructions jusqu’à un nouvel examen, accordant un répit d’une semaine aux plus de 1000 habitants dont les habitations sont encore menacées de démolition dans dix autres villages, selon Mme Michaeli.

L’extrême difficulté d’obtenir des permis de construire dans les zones de Cisjordanie contrôlées par Israël pousse des milliers de Palestiniens à se passer d’autorisation, selon les défenseurs des droits fondamentaux.

Les autorités israéliennes ont démoli 539 structures palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en 2015, entraînant le déplacement de 742 personnes selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Inscrit 3 février 2016 13 h 34

    Et... je ne serais pas surpris,

    que la chose soit faite au nom de Dieu... ou en d'autres termes, tuer à petit feu par amour !

    Sans doute arriveront-ils avec quelque chose comme: "Heureux ceux qui souffrent !" ; alors, la meilleure chose à leur dire serait: "devenez donc masochistes, par amour pour vous !"