L’armée israélienne bloque temporairement l’accès à Ramallah

L’armée israélienne a levé lundi soir les restrictions qu’elle avait imposées aux déplacements depuis et vers Ramallah, en Cisjordanie occupée, après une journée de limitations drastiques de ces déplacements, au lendemain d’une attaque contre des soldats.

L’armée a indiqué dans un communiqué que « à la suite d'une évaluation de la situation, les points de passage vers et en provenance de Ramallah ont retrouvé une activité normale ».

C’était la première fois que l’armée prenait une telle mesure pour la ville, capitale économique palestinienne de la Cisjordanie où siège l’Autorité palestinienne, depuis le début en octobre de la vague actuelle de violences.

Cette série d’attaques anti-israéliennes quasiment quotidiennes s’est poursuivie lundi : un Palestinien, identifié par la police palestinienne comme Ahmed Toba, âgé de 17 ans, a tenté de poignarder des soldats israéliens qui s’apprêtaient à le contrôler près de la colonie de Salit en Cisjordanie, a indiqué l’armée israélienne. « Face à la menace immédiate, les soldats l’ont abattu », a-t-elle dit.

Des responsables militaires israéliens avaient décidé dans un premier temps d’interdire l’entrée de Ramallah à ses non-résidents, quelques heures après une attaque dimanche au cours de laquelle un membre de la sécurité palestinienne, Amjad Soukkari, avait ouvert le feu sur des soldats israéliens et blessé trois d’entre eux au poste de contrôle de Beit-El, juste à l’entrée de Ramallah, avant d’être abattu.

L’appareil sécuritaire israélien semble s’être alarmé du risque que d’autres Palestiniens autorisés à porter une arme à feu ne s’en servent contre des Israéliens.

Amjad Soukkari, âgé d’une trentaine d’années, était un garde du corps du procureur général de l’Autorité palestinienne.

L’armée avait étendu les restrictions de déplacements lundi après-midi aux sorties de la ville palestinienne.

L’armée est plus soucieuse de contrôler les sorties de Ramallah pour empêcher des éléments violents venus de la ville de perpétrer des attentats de l’extérieur, a indiqué un responsable militaire à l’AFP.

La plupart des attaques menées ces quatre derniers mois contre des civils, des soldats ou des policiers israéliens ont été le fait de Palestiniens isolés, jeunes voire très jeunes, et armés de couteaux.

Un seul point de passage

Le poste de contrôle de Beit-El ainsi que les autres donnant sur le nord de la Cisjordanie ont donc été fermés lundi matin, à l’exception d’un seul. Là, de longues files de véhicules, contrôlés un à un par des soldats israéliens, se sont formées dans le sens de la sortie. Les diplomates ou les humanitaires, nombreux à se rendre à Ramallah chaque jour, paraissaient circuler sans encombre, ont indiqué plusieurs d’entre eux.

Les violences en cours ont fait 161 morts palestiniens, 25 Israéliens, un Américain et un Érythréen depuis le 1er octobre, selon un décompte de l’AFP. La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d’attaques.

Le mouvement, qui a réveillé le spectre d’une troisième intifada, est spontané, s’accordent les analystes. Il résulte, surtout dans la jeunesse, des vexations de l’occupation, de l’absence de toute perspective proche d’indépendance, des frustrations économiques et du discrédit des autorités palestiniennes, conviennent maints experts. Israël accuse ces dernières ainsi que les médias d’attiser les haines.

Deux décisions imminentes suscitent une attente forte. Elles touchent à l’assassinat de l’adolescent palestinien Mohammad Abou Khdeir par trois juifs. Le crime avait contribué à l’escalade des violences menant à la guerre de Gaza en juillet-août 2014. Un tribunal de Jérusalem devrait dire mardi si Yosef Haim Ben David, accusé d’être le principal instigateur du meurtre et seul majeur au moment des faits, était sain d’esprit. Les Palestiniens risqueraient de considérer comme un déni de justice qu’il soit déclaré pénalement irresponsable. Le même tribunal doit rendre jeudi son verdict contre les deux autres accusés, mineurs en juillet 2014.