Les talibans veulent imposer leurs conditions

Les talibans souhaitent instaurer un régime islamique sous le nom d’Émirat islamique d’Afghanistan.
Photo: Rahmat Gul Associated Press Les talibans souhaitent instaurer un régime islamique sous le nom d’Émirat islamique d’Afghanistan.

Doha — Les talibans ont de nouveau réclamé dimanche la fin de l’« occupation » étrangère de l’Afghanistan et le retrait de certains de leurs cadres de « listes noires » comme conditions préalables à la reprise des pourparlers de paix, des exigences rejetées par le gouvernement afghan.

Des représentants des insurgés ainsi que des parlementaires afghans et des membres de la société civile ont participé ce week-end à un séminaire organisé par le mouvement pacifiste Pugwash à Doha, au Qatar.

Fin de l’occupation

Dans un communiqué transmis à l’AFP, les talibans demandent une nouvelle fois la « fin de l’occupation » des quelque 13 000 soldats de l’OTAN encore déployés en Afghanistan. Ils réclament aussi la réouverture de leur « bureau politique », une représentation installée à Doha ouverte en juin 2013, mais fermée un mois plus tard.

Interrogé par l’AFP sur les conditions formulées au cours du séminaire à Doha, le porte-parole des talibans, Zabiullah Moudjahid, a également réclamé le retrait des « listes noires américaines et de l’ONU » des cadres qui y figurent et dont les avoirs à l’étranger sont gelés et la liberté de mouvements restreinte.

Le porte-parole des talibans au Qatar, Mohamed Naeem, a qualifié les discussions de « positives ».

« Je peux dire qu’il y a eu un accord sur plusieurs points », a-t-il déclaré à l’AFP après la fin des travaux qui ont duré deux jours.

« En premier lieu, [il y a un accord sur] le retrait des forces étrangères », a-t-il précisé, ajoutant néanmoins qu’il n’avait pas « été discuté des moyens » nécessaires à sa réalisation.

« En outre, tout le monde est d’accord sur l’établissement d’un régime islamique indépendant et la majorité des participants sont également d’accord sur le nom officiel d’Émirat islamique [d’Afghanistan]. »

Le gouvernement afghan n’a envoyé aucun délégué à Doha, mais a d’emblée rejeté les exigences des talibans. « Les talibans doivent d’abord s’asseoir à la table des négociations et ensuite poser leurs conditions », a dit à l’AFP Aminudine Muzaffari, un membre du Haut conseil pour la paix, l’organe gouvernemental chargé de négocier avec les insurgés.

De son côté, Kaboul participe à un cycle de réunions quadripartites, avec le Pakistan, la Chine et les États-Unis, destiné à relancer les pourparlers de paix avec les insurgés. Une première réunion a eu lieu il y a deux semaines au Pakistan et un deuxième round s’est tenu à Kaboul lundi dernier, sans avancée notable. Chinois, Américains, Pakistanais et Afghans doivent se revoir le 6 février à Islamabad, mais ils n’ont pas précisé à quel moment les talibans rejoindront la table des négociations.